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Date de création : 18.03.2011
Dernière mise à jour : 10.12.2013
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liberté d'expression

youtube-dailymotion de retour

Publié le 27/04/2011 à 00:42 par observatoire-medias-tunisiens

Youtube, Dailymotion & Co ne sont plus censurés!

Publié par KAIS El Ghoul le 13 janvier 2011 à 22:14

Suite à son discours, dans lequel le Président Ben Ali a énuméré diverses promesses pour l'application de la liberté en Tunisie, les internautes tunisiens peuvent désormais accéder aux sites censurés depuis des années tels que Youtubeet Dailymotion ainsi que tous les sites de partage de vidéos…

La censure est levée aussi sur les sites à intérêt politique (Nawaat , Tunileaks), les blogs ainsi que les pages(Tunisie) et profils censurés sur Facebook et Twitter. Pour le bien de nos enfants, les sites à contenus pornographiques sont encore censurés.

On entend déjà des klaxons et des youyous dans la rue mais ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué...

ammar 404 de retour

Publié le 27/04/2011 à 00:41 par observatoire-medias-tunisiens Tags : image enfants nature

Ammar 404 est-il de retour ?

Publié par Neil le 17 janvier 2011 à 16:18


Depuis hier, plusieurs ont remarqué que des sites et des pages fan de Facebook ne s'ouvraient pas.

La page du journaliste Lotfi Zitoun, membre de "National Union of Journalists in The United Kingdom" ne peut être ouverte sans l'ajout du "s" devant le http dans l'adresse de l'url.

Aussi, les sites 4chan.org, phproxy.co.za et flmsdown.net sont des sites, parmi d'autres, qui ne peuvent être, non plus, ouverts sans l'intervention d'un proxy.

Rien n'est clair pour le moment, beaucoup d'internautes se posent des questions sur la nature du blocage: s'agit-il d'une erreur technique ou y a-t-il un retour d'une partie de la censure ?

Depuis vendredi 14 au soir, les internautes tunisiens peuvent accéder aux sites censurés depuis des années tels que les sites de partage de vidéos tels que Youtube et Dailymotion. De même pour les sites politiques (Nawaat , Tunileaks), les blogs et les pages fans (www.facebook.com/MaTunisie et www.facebook.com/touwenssa ).

La censure existe encore pour les sites à contenus pornographiques. Certains ont applaudi cette parade afin de protéger nos enfants. Or, et il faut le rappeler, ce lever de bouclier date de l'époque de la déclaration de Ben Ali.

Laisser une partie du système d'oppression même sur les sites pornographiques ne peut nous aider, ni aider nos enfants, à développer une maturité sage.

Il n’y a pas plus précieux que nos enfants, les protéger est une nécessité sans équivoque. Mais cette censure fait penser que le régime Ben Ali n’a pas encore dit son dernier mot et ceci n’est pas de mise dans un moment comme celui-ci ou le peuple attend d’être rassure sur les bonnes intentions de son gouvernement.

nouvelles regles de jeu-ammar 404

Publié le 27/04/2011 à 00:39 par observatoire-medias-tunisiens Tags : message internet

Nouvelles règles de jeu pour Ammar 404

Publié par Amna Ben Belgacem le 21 janvier 2011 à 14:41

"Les ingénieurs de l’ATI se révoltent contre la non compréhension. Nous ne sommes pas les responsables de la censure sur le net. Le système de la censure sous Ben Ali, n’a pas donné la main à l’ATI, mais plutôt à des équipes techniques au ministère de l’Intérieur. Ces derniers reçoivent des ordres du Palais de Carthage pour mettre hors service un site ou un autre", se confie à nous un des membres de l'ATI.

Confirmation du blogueur et secrétaire d'Etat chargé de la Jeunesse, Slim Amamou qui rend compte sur son compte Twitter d'une réunion au ministère de l'Intérieur au sujet de la censure sur le réseau Internet tunisien, en vigueur sous le régime Ben Ali. Selon lui, des directives vont être lancées afin de le "décensurer".

"Il reste des sites censurés à cause de la loi tunisienne, notamment les sites pornographiques, on va avoir un mandat de justice pour ça probablement lundi", explique Slim Amamou.

Le nouveau gouvernement travaille sur le sujet. C’est la Justice dorénavant qui décidera de bloquer les sites web.

La censure est du passé. Même le message d’erreur des sites pornographiques par respect aux internautes, sera comme suit : "Le contenu de ce site porte atteinte aux bonnes mœurs, violent ou incitant à la haine. Si vous jugez le contraire, prière de contacter l’adresse suivante : contact@web-liberte.tn"

ammar vous protège de la 404

Publié le 27/04/2011 à 00:38 par observatoire-medias-tunisiens Tags : image humour internet

Censure : Ammar vous protègera de la 404

Publié par Rafik Ouerchefani le 24 avril 2011 à 23:59

L'ATI qui a nié être Ammar 404, veut le devenir maintenant. Moez Chakchouk, nouveau PDG de l'ATI vient d'annoncer, sur Twitter, une nouvelle fracassante.

En effet, un nouveau site web, ammar404.tn, est en cours de construction à l'ATI. Il servira probablement de plateforme de dialogue entre l'agence et la communauté Internet tunisienne. Slim Amamou propose, avec humour, que le site serve à "déclarer les infractions à la liberté d'expression et la neutralité du net par les FAI".

Le contenu du site n'est pas encore établi parait-il, l'idée est toute récente. Il s'agit de "transformer ce symbole négatif" précise Chakchouk. Ammar ne disparaitra donc pas, mais au-lieu d'imposer la 404, il va la combattre !

Rappelons qu'au lendemain de la révolution et durant pres de deux semaines, il ne restait plus que le contenu "pornographique et incitant à la haine et à la violence" qui était censuré. Depuis, aucun site n'est bloqué et l'ATI a même mis à la disposition des internautes une adresse mail pour reporter les éventuelles plaintes. Ammar a depuis perdu toute forme d'existence.

liberté d'expression- responsabilité

Publié le 18/04/2011 à 11:27 par observatoire-medias-tunisiens Tags : homme article texte

webmanagercenter.com - 15 Avril 2011 12:30:00

texte avec ReadSpeaker" src="http://media.readspeaker.com/images/buttons/listen_fr_fr/article_fr_fr_blue.gif" alt="Ecoutez le texte avec ReadSpeaker" />
      Tunisie : Liberté d’expression oui, mais responsabilité des médias aussi  
  • «Les médias tunisiens ont des professionnels de haut niveau mais simplement ils n'ont pas eu l'opportunité, sous le régime précédent, d'exercer leur profession». Ce sont les propos de Virginie Jouan, membre du groupe d'observation de la Tunisie (TGM) au sein de l'organisation de l'Echange international de la liberté d'expression (IFEX), rapportés par la TAP.

    Mme Jouan soulignera également, lors de son entretien, le 14 avril 2011, avec le Premier ministre du gouvernement provisoire, article.php?id=103000" target="_blank">Béji Caïd Essebsi, que «les circonstances actuelles sont fondamentalement différentes et permettront aux médias tunisiens d'entrer dans une nouvelle ère et de jouer pleinement leur rôle dans l'information des citoyens avant les élections du 24 juillet ainsi que dans l'instauration d'un débat public».

    Avec  le Premier ministre, Mme Jouan a discuté du rôle des médias tunisiens en cette phase transitoire ainsi que sur les moyens de renforcer la liberté d'expression et des article.php?id=103921" target="_blank">médiasen Tunisie.

    Mme Jouan a aussi rencontré des journalistes, des propriétaires de journaux, de radios et de télévisions, des défenseurs de la liberté d'expression et des Droits de l'homme ainsi que des magistrats et des avocats, écrit la TAP.

    A noter que l’IFEX, dont le siège est à Toronto (Canada),  compte plus de 80 organisations médiatiques indépendantes.

revolution et désinformation

Publié le 12/04/2011 à 19:00 par observatoire-medias-tunisiens Tags : 2010 france homme article texte annonce internet

Révolution tunisienne et désinformation

Le 31 janvier 2011 à 22:12:01 CET

Les rumeurs n'ont cessé de circuler sur la toile tunisienne depuis le début des événements qui ont mené à la Révolution. Un diplomate tunisien déclarait peu avant le 14 janvier que les rumeurs faisaient partie de la culture tunisienne. L'homme n'a certes pas une haute idée de la culture de son pays, mais il est vrai que le verrouillage des médias orchestré par le système Ben Ali a rendu impossible l'évaluation de l'authenticité de quelque information que ce soit ; une information relayée par la TAP (agence de presse officielle) n'étant pas plus fiable qu'un chiffre présenté par l'Institut National de la Statistique ou une rumeur diffusée sur Facebook.
 



Du fait de cette opacité, même les médias internationaux n'étaient pas en reste et ont repris à leur compte de folles rumeurs qui ont été contredites par la suite.

Il semble que des tentatives de manipulation de l'opinion tunisienne et internationale soient en cours, qu'elles soient initiées par des étrangers, des « révolutionnaires » tunisiens croyant bien faire ou des novembristes acharnés (NDLR : référence au coup d'Etat du 7 novembre 1987 qui a porté Ben Ali au pouvoir). Certaines de ces rumeurs et hypothèses se voient confirmées par les faits, tandis que d'autres sont manifestement erronées. Entre ces catégories, il est des rumeurs relativement crédibles qu'il peut être intéressant de prendre en considération sans toutefois leur accorder plus de crédit qu'elles n'en méritent, car ces informations, bien que plausibles, n'en demeurent pas moins infondées.

Il est urgent de s'armer de son esprit critique et d'analyser froidement ces hypothèses qui se trouvent dans la « zone grise », d'autant que plusieurs groupes ou médias surfent sur la terrible vague des théories du complot qui fleurissent ça et là. L'une de ces théories, élaborée par Thierry Meyssan du Réseau Voltaire, a été prise au sérieux par nombre de tunisiens. Je me permettrai de la décortiquer en vue de déterminer la fiabilité des informations sur lesquelles elle repose.

De la fiabilité de la source
La première étape de l'analyse repose sur l'évaluation de la fiabilité de la source d'une information. Qui est donc Thierry Meyssan ? Quel crédit accorder au Réseau Voltaire ?

Créé en 1994, si le Réseau Voltaire s'est initialement assigné comme mission la défense de la liberté d'expression, ce groupe, désormais installé au Liban, se définit aujourd'hui comme un réseau de presse dont la production s'intéresse essentiellement aux relations internationales. Les figures qui l'ont fondé, telles que Pierre Bourdieu ou Gilles Perrault, ont laissé place à une direction nouvelle à la tête de laquelle se trouve Thierry Meyssan, l'auteur de l'article que nous nous proposons d'analyser. En 2005, plusieurs membres du Réseau Voltaire ont quitté le navire en réaction au rapprochement entamé par Thierry Meyssan avec les islamistes et les « impérialismes russe et chinois », « sous prétexte de résistance à l'impérialisme américain ».  Meyssan a en effet affiché son admiration pour Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah, outre sa proximité avec le régime de Fidel Castro à Cuba, son soutien à Hugo Chavez et à la Révolution Iranienne menée par l'Ayatollah Khomeini.

Il semble important de déterminer si la source est animée par une orientation idéologique ou si, au contraire, elle fait preuve d'objectivité et de neutralité. Il faut redoubler de vigilance face aux organismes et médias orientés idéologiquement, en raison de leur tendance avérée à déformer l'information pour la faire correspondre aux finalités politiques qu'ils poursuivent. Ainsi, la critique d'une politique de l'Etat d'Israël, si elle émane d'un pro-Israélien, bénéficie a priori de plus de crédibilité qu'une critique lancée par un Palestinien. De même, la reconnaissance des bienfaits d'une décision israélienne est a priori plus crédible si elle émane d'un Palestinien que d'un membre d'une organisation sioniste. Plus généralement, la position d'une personne dans un conflit d'intérêts permet d'évaluer la crédibilité des informations qu'elle diffuse. Il semble évident qu'une personne reconnaissant ses propres torts et admettant les concessions favorables accordées par son adversaire, fait preuve d'un effort d'objectivité.

Dans le cas du Réseau Voltaire, la diffusion d'accusations à l'encontre des Etats-Unis nous pousse à faire preuve de plus de vigilances, sans pour autant nous conduire à réfuter les thèses du Réseau ab initio, car l'orientation idéologique d'une source n'est pas une preuve de l'authenticité ou de l'inexactitude d'une information qu'elle diffuse. C'est seulement un indicateur qu'il est important de prendre en considération.

De la fiabilité des informations relayées par la source dans le passé
Après nous être intéressés à l'identité politique de la source, il convient de vérifier l'authenticité des informations que cette source a relayées par le passé, en vue, encore une fois d'évaluer de manière plus précise sa fiabilité.

En l'occurrence, après une étude des thèses diffusées par le Réseau Voltaire, nous pouvons affirmer que cette organisation a pour habitude de porter des accusations graves, sans jamais fournir des preuves appuyant ses thèses.

Thierry Meyssan est l'auteur de l'Effroyable imposture, ouvrage dans lequel il a accusé le gouvernement des Etats-Unis d'avoir orchestré les attentats du 11 septembre 2001, avançant notamment l'hypothèse selon laquelle aucun avion ne se serait écrasé sur le Pentagone.

Par ailleurs, le Réseau a affirmé que l'Armée Islamique en Irak avait organisé l'enlèvement des journalistes français Georges Malbrunot et Christian Chesnot avec le soutien des Etats-Unis, thèse infirmée plus tard par les otages à la suite de leur libération.

Enfin, et encore à titre d'exemple, le Réseau Voltaire a  soutenu la théorie selon laquelle les Etats-Unis avaient délibérément causé le tremblement de terre qui a ravagé Haïti en 2010, s'appuyant sur une vidéo truquée mettant en scène Hugo Chavez.

Dans le dernier exemple, le mensonge, en plus d'être manifeste, était contredit par des preuves solides (le défaut d'authenticité de la vidéo publiée sur le site du Réseau Voltaire). Rien n'empêche de croire en l'authenticité de ces théories, aussi invraisemblables soient-elles, mais il est important d'avouer que ces thèses ne sont fondées sur aucune preuve.

Passons maintenant à l'analyse de l'article en question.

De la crédibilité du contenu de l'information
Après avoir critiqué les autres médias internationaux « suppôts indéfectibles du système de domination mondiale » et annoncé la divulgation du « plan US » pour faire échec à la Révolution Tunisienne, Thierry Meyssan a insisté sur le soutien apporté par les Etats-Unis, la France, l'Italie et Israël à la dictature tunisienne. S'il est vrai que ces trois derniers ont soutenu avec zèle le régime de Ben Ali, l'Italie et la France ont vraisemblablement appuyé leur soutien au dictateur en vue  de contrecarrer l'attitude des Etats-Unis qui empiétaient sur leur sphère d'influence (au cœur de laquelle se trouve la Tunisie) en critiquant fermement le gouvernement de Ben Ali.

L'attitude hostile des Etats-Unis à l'encontre de Ben Ali s'est illustrée, non seulement à l'occasion de la publication des télégrammes WikiLeaks démontrant de fortes tensions entre l'Ambassade US à Tunis et le gouvernement tunisien, mais aussi au travers des déclarations publiques qui se sont accumulées ces dernières années, pendant que l'Ambassadeur Robert F. Godec faisait affront à Ben Ali en recevant les opposants et en leur accordant son soutien.

Par ailleurs, Meyssan explique que les Etats-Unis avaient mené une coopération militaire avec la Tunisie par le fait que Ben Ali serait un agent de la CIA, mais il semble oublier que cette coopération militaire et la proximité entre la Tunisie et les Etats-Unis dataient de l'Indépendance en 1956.

Meyssan accuse ensuite les Etats-Unis d'avoir recruté 60 personnalités tunisiennes en vue de leur fournir un entrainement de trois mois à Fort Bragg, en vue de les préparer à prendre la relève de Ben Ali. En note de bas de page il est indiqué « témoignage direct recueilli par l'auteur ». Pourquoi Meyssan ne publie-t-il pas le témoignage ? Le Réseau Voltaire n'hésite habituellement pas à publier des documents qui appuient ses thèses anti-américaines. On peut, par conséquent, supposer que ce témoignage n'existe pas.

Quelques lignes plus bas, l'auteur affirme sans rien prouver que Jeffrey Feltman et Colin Kahl (responsables américains) avaient décidé dès le 28 décembre de prendre en main la chute de Ben Ali afin d'éviter que cette insurrection ne se transforme en révolution « c'est-à-dire en contestation du système ». Or, il semble bien qu'il ne s'agissait pas d'une simple insurrection et que la Révolution a bien eu lieu et qu'elle a même continué après le départ de Ben Ali, lorsque les manifestants ont continué à faire pression sur le gouvernement de transition pour éliminer les proches de Ben Ali. Si une intervention de responsables américains pour s'assurer de la chute de Ben Ali est plausible, une volonté de faire échec à la Révolution ne l'est pas, au vu de l'attitude des Etats-Unis lors des dernières semaines, d'autant que cette Révolution a bel et bien eu lieu et que si les USA voulaient y faire échec, ils auraient parfaitement pu y parvenir.

Meyssan annonce ensuite, toujours sans fournir de preuve, que Feltman et Kahl avaient décidé de tout mettre en œuvre pour circonscrire l'insurrection en poussant les manifestants à se limiter aux revendications sociales. Or, d'une part, dès le départ, contrairement à l'information véhiculée par les médias officiels tunisiens et relayée par les médias internationaux, les revendications de la rue n'étaient pas sociales. Certes, il y avait un volet social parmi les revendications : la protestation contre le chômage. Mais il s'agissait d'un volet parmi tant d'autres car l'essentiel des slogans visait le régime politique, Ben Ali en personne ainsi que la corruption et le racket exercé par sa famille, sans oublier l'appareil de répression du Ministère de l'Intérieur. Les revendications étaient politiques, les Tunisiens demandaient le respect des libertés individuelles et leur droit à la dignité. Cela fait 23 ans que les Tunisiens souffraient en silence, nul besoin d'intervention extérieure.

L'auteur raconte que, parallèlement, des experts Etats-Uniens, Serbes et Allemands ont été dépêchés en Tunisie dans le but de « canaliser l'insurrection » en imposant aux manifestants le slogan « Ben Ali dégage ! » en vue de focaliser l'attention sur le dictateur de sorte à éviter un débat sur l'avenir du pays. Là encore, inutile de disserter sur l'inutilité d'une influence extérieure pour que les Tunisiens réclament le départ de Ben Ali, tant leur exaspération était forte après 23 ans de vie sous une dictature étouffante. L'argument de Meyssan au sujet de cette prétendue volonté d'éviter le débat sur l'avenir est inique. En effet, pris dans la lutte, entre les tirs à balles réelles de la police, les Tunisiens n'avaient naturellement pas l'esprit à la réflexion sur l'avenir. Bien que certains débats aient eu lieu, et ce de manière marginale, la priorité était de mettre fin au carnage orchestré par Ben Ali, et de faire échec aux multiples tentatives de sabotage de la révolution et de désinformation mises en œuvre par le régime. Lorsque coule le sang de ceux qui tentent d'arracher leur liberté, le temps n'est pas à la réflexion mais à l'action.

Meyssan attaque également le groupe de hackers Anonymous, qui, dès le début de la Révolution, a soutenu la lutte des Tunisiens en piratant les sites gouvernementaux, avec l'aide du Parti Pirate Tunisien, en réaction à la censure exercée par Ben Ali sur Internet. Anonymous serait selon lui une cellule de la CIA, mais une fois de plus le Réseau Voltaire ne donne pas le moindre argument qui tendrait à prouver sa théorie. Meyssan garde sans doute une hargne à l'encontre d'Anonymous depuis que ce groupe a lancé des attaques visant son allié idéologique Mahmoud Ahmadinejad, alors que celui-ci tentait de censurer toute information relative aux protestations suite à son élection controversée face à Mir-Hossein Moussavi en 2009. Le Réseau Voltaire semble aussi oublier qu'Anonymous est dans le collimateur du FBI qui a obtenu un mandat d'arrêt visant 40 membres d'Anonymous, 5 d'entre eux ayant été arrêtés le 27 janvier 2011 à Londres.

Après avoir nié la spontanéité de la révolution Tunisienne, rejoignant les thèses avancées par Ben Ali dans ses trois derniers discours, comme si les Tunisiens avaient besoin d'être manipulés par l'étranger pour se révolter, Meyssan nous explique que le Général Ammar aurait annoncé à Ben Ali que « Washington lui ordonnait de fuir ». S'il est évident que le Chef d'Etat-major tunisien n'a pas poussé Ben Ali à quitter le pays sans l'aval des Etats-Unis, du moins sans s'assurer de l'éventuel accueil favorable de la chute de Ben Ali par la communauté internationale, il n'a probablement pas annoncé à Ben Ali que les Etats-Unis lui ordonnaient de partir. La pression de l'armée tunisienne combinée à l'extraordinaire pression populaire suffisait à inquiéter Ben Ali dont le pouvoir était irrémédiablement fragilisé. Par ailleurs, un ordre de Washington n'était pas un argument car Ben Ali savait déjà depuis longtemps, au vu des tensions entre lui et l'Ambassade US depuis 2007 au moins, que les Etats-Unis lui avaient retiré leur soutien.

Suite à cela, l'article de Meyssan contient un logo qu'il présente comme celui de la Jasmine Revolution et qui serait un coup marketing des Etats-Unis. Or, non seulement ce logo n'a que très peu circulé sur Internet (nous avons vu les américains plus efficaces dans le marketing !), mais nous qui avons suivi la révolution heure par heure, n'avons pourtant jamais vu ce logo nulle part avant le 14 janvier. Après des recherches, nous avons pu établir qu'il s'agissait d'un artwork amateur conçu par un certain « Mfares » et publié le 15 janvier (soit au lendemain du départ de Ben Ali) en vue d'illustrer l'article Wikipedia consacré à la toute fraîche révolution tunisienne. Preuve supplémentaire de la malhonnêteté intellectuelle de Meyssan… Quant à l'origine de l'expression Jasmine Revolution, ce ne sont pas les agences de presse qui l'ont lancée, contrairement à ce qui est avancé par le Réseau Voltaire. Je me souviens parfaitement de ce soir où, sur Twitter, c'est un membre d'Anonymous qui avait proposé aux Tunisiens d'utiliser le hashtag #jasminerevolution au lieu de #sidibouzid en vue d'avoir une meilleure visibilité auprès des médias internationaux.


 

L'article poursuit ensuite son chapelet de théories infondées en accusant Ahmed Nejib Chebbi, le leader du PDP, ainsi que le cyberdissident Slim Ammamou d'avoir été imposés dans la composition du gouvernement provisoire par les Etats-Unis. Là encore, aucun argument soutenant cette théorie n'est avancée, d'autant plus qu'aucune pression externe n'était nécessaire pour assurer leur nomination dans le gouvernement. En ce qui concerne Chebbi, étant l'une des principales figures de l'opposition à Ben Ali, sa présence dans le gouvernement d'union nationale, au même titre que Ahmed Brahim du parti Ettajdid et de Mustapha Ben Jaafar du FDLT, était une évidence pour l'esprit le moins averti. Pour ce qui est de Slim Ammamou, il est compréhensible que le gouvernement ait voulu donner un gage à la jeunesse tunisienne en nommant au Secrétariat d'Etat à la Jeunesse cette figure symbolique qui avait été arrêtée par la police politique pour avoir lutté contre la censure d'Internet, et dont de nombreux jeunes réclamaient la libération pendant les événements qui ont conduit à la Révolution.

Meyssan sous-entend ensuite que les Etats-Unis sont derrière le retour du leader islamiste Rached Ghannouchi, alors même que toutes les figures de l'opposition en exil ont décidé de retourner au pays après la chute de Ben Ali, sans avoir besoin que les américains ne les y encouragent ! Il frise ensuite le ridicule en affirmant que les islamistes et le PDP (socialistes, avec des tendances altermondialistes) formeraient un « tandem pro-US »… Il finit sur ce constat : « Force est de constater que Washington n'a rien canalisé du tout, hormis les journalistes occidentaux. Plus encore aujourd'hui que fin décembre, la situation est hors de contrôle. ». Meyssan tente d'embrouiller le lecteur, et n'est pas cohérent. En gros, selon lui les Etats-Unis ont orchestré avec succès le soulèvement du peuple, à tel point qu'après le départ de Ben Ali les Tunisiens ont continué à scander le slogan qu'on leur avait soufflé : « RCD dégage ! ». Et pourtant, les américains n'ont « rien canalisé du tout » et « la situation est hors de contrôle ». Outre l'absurdité de la contradiction, les Etats-Unis si puissants (tellement puissants qu'ils auraient orchestré un tremblement de terre !) sont incapables de maitriser les suites de la Révolution Tunisienne qu'ils auraient aimé canaliser… ou bien qu'ils ont canalisée ? On n'y comprend plus rien.

Si une manipulation est certaine, c'est en tout cas celle menée par le Réseau Voltaire afin de saper la popularité des Etats-Unis dont le gouvernement est le seul à avoir refusé son soutien au dictateur Ben Ali.

Le Réseau Voltaire plie sournoisement la réalité pour la faire correspondre aux fantasmes qu'il nourrit dans le but de diffuser par les moyens les plus malhonnêtes son idéologie anti-américaine. Sans jamais fournir de preuve ni d'argument solide, Meyssan se contente de truffer son texte de liens vers des notes de bas de page pour donner l'illusion d'un texte documenté, alors que si on y regarde de plus près ces notes ne contiennent aucune référence. S'il peut par moments être légitime de critiquer la politique étrangère des Etats-Unis, cette critique doit être constructive, raisonnée et appuyée sur des faits, non pas des théories hallucinées et factices.


Le 31 janvier 2011
Habib M. Sayah - el mouwaten

la presse se défait de ses chaines

Publié le 07/04/2011 à 23:18 par observatoire-medias-tunisiens Tags : 2010 chez homme article histoire nature cadre livre chat afrique animation avatar
Quand la presse se défait de ses chaînes
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Quand la presse se défait de ses chaînes

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2011-01-18

 

 

Martyrisée, muselée et finalement libérée : la presse tunisienne s'est  défaite de ses chaînes après un long combat  dont -il faut bien leur reconnaître ce mérite - la presse d'opposition a été le fer de lance.  La presse  est enfin libre, Une liberté non pas octroyée par le prince et qui peut être retirée au gré de ses caprices, mais une liberté totale arrachée au prix de luttes et de sacrifices. Car la liberté de la  presse est la mère de toutes les libertés. Elle doit être irréversible, inscrite dans la constitution. Nos gouvernants sont allergiques de nature à la critique ? Ils doivent s'y habituer, car «sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur ».

Il faut dire que l'histoire de la presse tunisienne est un raccourci de tout ce que le pays  a connu d'atteintes aux libertés fondamentales, d'arbitraire et de répression en cinquante quatre ans d'indépendance. La différence entre les années Bourguiba et les années de plomb de la période 1989-2010, étant plus de degré que de nature. La répression était plus "soft", sous Bourguiba, mais la presse était  aussi muselée  que sous son successeur. En un demi siècle, la presse avait eu tout au plus droit à une dizaine  d'années de semi-liberté : d'abord, les cinq années qui suivirent l'indépendance avec l'existence de journaux  comme l'Action et de son avatar Afrique-Action, de Béchir Ben Yahmed et du seul journal d'opposition, «la Tribune du Progrès », organe du parti communiste ; ensuite, en 1970, lors de la consultation nationale qui avait suivi l’échec de la collectivisation. Cela avait duré quelque mois. Une simple parenthèse que Bourguiba s’était empressé de fermer, jugeant que « la plaisanterie avait trop duré », lorsque le débat risquait de déborder le cadre qui lui avait été fixé pour évoquer des sujets comme la séparation Etat/parti. En 1981, après la nomination de Mohamed Mzali comme Premier Ministre et l'institution du pluripartisme, la récréation durera une année, jusqu’à ce que Bourguiba  en siffle la fin après l'organisation des premières élections législatives pluralistes, et  enfin les années 87-89.  Depuis, c'est une chape de plomb qui s'est abattue sur tout ce qui pense, écrit  ou même réfléchit en partie à cause d'un homme dont on ne dira jamais assez tout le mal qu'il a fait au pays et à la presse et auprès duquel Jdanov ferait figure de grand libéral. Lorsque des confrères étrangers critiquaient devant moi la presse tunisienne, je les renvoyais aussitôt au livre de George Orwell, « 1984 », décrivant la vie d'un pays imaginaire (qui présente bien de ressemblances avec notre pauvre pays) dirigé par un dictateur, le fameux Big Brother qui ressemble étrangement à celui dont on vient de se débarrasser.  Et du coup, ils cessaient leurs sarcasmes estimant sans doute que nous étions beaucoup plus à plaindre qu'à blâmer.

Ce qu'on a fait de la presse et des journalistes en Tunisie surtout pendant « la période du Changement » doit être assimilé  à un  crime. Savez-vous que notre presse  occupe aujourd'hui la 144ème place dans le monde  juste devant la Corée du Nord. Savez-vous que nous sommes exclus de la FIEJ (fédération des éditeurs de presse), de la FIJ (fédération des journalistes)? Savez-vous que la Tunisie est considérée comme l’une des pires ennemies de l’internet ? En matière de  libertés, on ne pouvait  pas faire pire. Résultat : nous avons une presse médiocre, alors que nos journalistes font les beaux jours des médias arabes. Au fait,  dans un pays où les libertés sont foulées aux pieds, la presse  ne peut être que médiocre.

Quand on parle des journalistes tunisiens, on a trop souvent tendance à les traîter de « tous pourris» C'est  injuste.  A côté des zélateurs et des stipendiés et ils sont nombreux, Il existe quelques héros et  une masse de  journalistes anonymes, patriotes qui ont résisté comme ils ont pu, préférant faire profil bas, écrire sur des sujets où la critique est moins vigilante, collaborer en catimini dans des journaux de l'opposition, jouer au chat et à la souris avec la censure ou s'emmurer dans le silence le plus total, en attendant des jours meilleurs.

Les régimes qui se sont succédé dans notre pays de Bourguiba à Ben Ali ont fait des journalistes des schizophrènes, des aigris, mal dans leur peau, des marginaux, des complexés vis à vis de leurs confrères étrangers et même arabes ; des frustrés d'avoir manqué tant de scoops, raté tant de reportages qui auraient pu leur conférer une plus grande visibilité (en audience et en crédibilité), d'avoir été mal encadrés par des aînés qui se souciaient  comme de l'an 40 de leur formation alors que (pour certains) leurs condisciples étrangers étaient devenus des célébrités chez eux parce qu'ils avaient eu la chance d'avoir appris leur métier auprès de journalistes qui avaient une autre idée de leur métier ; d'être des incompris par leurs lecteurs qui leur reprochaient leur frilosité, leur silence coupable et méprisés par les gouvernants, pour lesquels, ils étaient de simples caisses de résonance.

Aujourd'hui, tout cela va changer.  La Tunisie a tout pour devenir un modèle pour les pays arabes et africains en matière de liberté de presse, de libertés tout court...J'ai fait un rêve :  enfin débarrassés du carcan où on les avait enfermés pendant plus d'un demi siècle, rompant définitivement avec la culture des « ta'alimet »,(les directives) , nos journaux vont pouvoir aborder tous les sujets, y compris ceux qui fâchent. En toute liberté, sans autocensure, avec pour seule ligne rouge, le respect des règles de déontologie. Nos journalistes  ne seront plus obligés de s'expatrier jusqu'en Chine pour exercer leurs talents. Big Brother ne sera plus là pour brider les journalistes et  leur dicter ses oukases.  On n'aura plus  à rougir de notre presse. Nos cafés  retrouveront leur animation des années 60 et 70. Ils redeviendront ces espaces de discussion et de liberté où on ne se contentera plus d'y fûmer  la chicha, ni d'y discuter  de sujets sérieux à voix basse, tout en jetant des regards furtifs alentour. de peur d'être repéré... Tunis redeviendra Tunis.

Mais revenons sur terre : le mouvement se prouve en marchant. La liberté de la presse se prouvera  à son plein exercice. Comme le rappelle fort opportunément, un journal satirique français, chaque mercredi « la liberté de la presse ne s'use que si l'on ne s'en sert pas ».
hedi behi

censure en tunisie- wikipedia

Publié le 06/04/2011 à 00:39 par observatoire-medias-tunisiens Tags : merci photo france homme article background travail histoire carte texte afrique actualité internet livres islam
Censure en Tunisie
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Tunisie
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La censure en Tunisie est une problématique qui revient souvent sur le devant de l'actualité depuis que le pays est devenu indépendant en 1956. Bien qu'elle ait été assez douce sous le président Habib Bourguiba, la censure et la répression sous diverses formes sont devenues habituelles après l'avènement de Zine el-Abidine Ben Ali le 7 novembre 1987, si bien qu'il est listé depuis 1998 comme l'un des « 10 pires ennemis de la presse » par le Comité pour la protection des journalistes. Reporters sans frontières le désigne également comme un « prédateur de la liberté de la presse »[1].

Sommaire [masquer]
Histoire[modifier]
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Durant leprotectorat français, la presse tunisienne est pourchassée et ses différents titres condamnés à une vie éphémère. Le 14 octobre 1884, un décret établit un cautionnement de 10 000 rials pour chaque journal politique et de 5 000 rials pour les hebdomadaires non politiques[2]. Supprimé le 18 août 1887, le cautionnement est rétabli le 2 janvier 1897. Cette mesure draconienne, qui provoque la disparition de la presse tunisienne, est reportée le 2 janvier 1904. Les autorités coloniales, au travers d'un arrêté du grand vizir du 8 novembre 1911, interdisent les journaux arabes, à l'exception d'Al Zûhra, à la suite de l'affaire du Djellaz[2]. Le 9 septembre 1913, l'état de siège est proclamé et les publications disparaissent.

Le texte du 4 janvier 1922 oblige la presse arabe et juive d'attendre, après remise du récépissé de déclaration, l'autorisation du parquet pour être publiée alors que la presse française peut sortir après l'obtention du récépissé[2]. Cinq ans après la levée de l'état de siège, en 1921, les décrets du 29 janvier 1926 répriment les délits politiques et instituent les mesures de suspension administrative. Les gérants des journaux et des périodiques politiques de langues européennes doivent être de nationalité française[2]. Le statut des journalistes, promulgué le 16 mai 1935, est abrogé le 11 août 1937. En avril 1938, l'état d'exception est décrété et l'état de siège est de nouveau proclamé le 1er septembre 1939. En 1952, la censure est rétablie.

Considérations légales[modifier]
En 2008, en termes de liberté de presse, la Tunisie occupe la 143e place sur 173[3]

L'article 8 de la constitution tunisienne[4] déclare que « les libertés d'opinion, d'expression, de la presse, de publication, de rassemblement et d'association sont garanties et exercées dans les conditions définies par la loi ». L'article 1 du Code de la presse assure quant à lui « la liberté de la presse, de publication, d'impression, de distribution et de vente de livres et publications ».

Livres[modifier]

Le Code de la presse requiert un reçu du ministère de l'intérieur avant la distribution de livres dans le pays. L'islam et les droits de l'homme seraient deux sujets de tension réguliers[réf. nécessaire]. Parmi les auteurs fréquemment interdits figureraient Mohamed Talbi, Hamma Hammami, Sihem Bensedrine, Moncef Marzouki ou Taoufik Ben Brik[réf. nécessaire].

Entre 200 et 300 nouveaux titres sont publiés chaque année[réf. nécessaire]. La Ligue des écrivains libres estime que 40 livres sont censurés au cours de la décennie 1995-2005[réf. nécessaire].

Presse[modifier]

Presse nationale[modifier]

Article détaillé : Presse en Tunisie.

245 journaux et magazines sont officiellement recensés en Tunisie (contre 91 en 1987)[5]. La grande majorité de ces publications (90 %) appartiendraient à des privés. De plus, les partis d'opposition publient leurs propres journaux mais à tirage très limité (comme Al Mawkif ou Mouwatinoun) tout comme de nombreuses organisations et associations professionnelles dont l'Union générale tunisienne du travail qui publie un organe hebdomadaire. Toutefois, la quasi-totalité des journaux suivent la ligne gouvernementale et rapportent sans approche critique les activités du président de la République, du gouvernement et du Rassemblement constitutionnel démocratique (parti au pouvoir) au travers des dépêches de l'agence Tunis Afrique Presse.

Quelques réformes ont été mises en place depuis 1987 dont la suppression du délit de « diffamation de l'ordre public » et de la formalité administrative du dépôt préalable des organes de presse auprès du ministère de l'intérieur avant publication (27 mai 2005). Toutefois, cette mesure ne concerne que les médias nationaux et non les médias étrangers.

Tous les journaux et magazines, y compris les publications de l'opposition, peuvent bénéficier de la publicité des organismes publics. En outre, en vertu d'un décret amendant la loi de 1999 relative au financement public des partis politiques, l'État alloue une subvention annuelle de 120 000 dinars pour les quotidiens et hebdomadaires des partis politiques et 30 000 dinars pour les autres périodiques. Ces mécanismes constituent ainsi un outil de pression envers les journaux qui se montreraient un peu trop critiques.

Presse étrangère[modifier]

Officiellement, aucun journal ne peut être suspendu en dehors d'une décision de justice. Après 1987, année où Zine el-Abidine Ben Ali devient président, pas un seul journal ou magazine n'aurait ainsi été suspendu[5]. De même, aucun journaliste n'aurait été détenu pour ses activités professionnelles[5]. Pourtant, certains numéros de journaux étrangers — principalement français comme Le Monde, Libération, La Croix ou Le Figaro — sont fréquemment interdits ou censurés lorsqu'ils publient des articles hostiles au régime. Ainsi, même si certaines éditions interdites sont disponibles sous le manteau, des dizaines d'éditions du Monde sont censurées dans les années 1990[6] ainsi que, selon Reporters sans frontières, une douzaine depuis 2006. Libération est censuré en février 2007 à la suite de la publication d'un article du journaliste tunisien Taoufik Ben Brik. C'est la première fois depuis 1992 que le journal est interdit en Tunisie[7]. Deux journaux satiriques, Charlie Hebdo et Le Canard enchaîné, sont quant à eux interdits de façon permanente[7]. Par ailleurs, la revue Historia de janvier 2007, consacré aux intégrismes religieux, est interdite de distribution pour avoir publié une « image du prophète et de ses compagnons » selon une source officielle à Tunis citée par l'Agence France-Presse[8]. C'est pourquoi, dans le but d'éviter les accusations de censure, le régime n'autoriserait l'entrée sur le territoire qu'à un nombre très limité d'éditions de journaux étrangers[7].

Des centaines de correspondants étrangers visitent chaque année la Tunisie. Ils bénéficient officiellement des conditions adéquates pour le libre exercice de leur profession et de multiples facilités pour mener à bien leur mission. Pourtant, certains sont régulièrement victimes d'intimidation de la part de personnes non identifiées[9].

Télévision[modifier]

L'État exerce toujours un monopole sur les transmissions télévisées nationales[10]. Hannibal TV et Nessma, chaînes privées basées dans le pays, restent dépendantes de l'Établissement de la radiodiffusion-télévision tunisienne : elles ont l'obligation de faire appel aux services de l'Office national de télédiffusion, elles sont autorisées à diffuser des programmes d'information, mais pas à aborder l'information politique[réf. nécessaire], et doivent diffuser les interventions du président de la République. Toutefois, les paraboles sont populaires et permettent un large accès aux chaînes européennes et arabes.

Entre 1989 et 1994, lorsque Antenne 2 (actuelle France 2) est diffusée en Tunisie, en lieu et place de l'ancienne RTT 2, certains de ses programmes sont censurés à plusieurs reprises, notamment les journaux télévisés ou magazines d'information traitant l'actualité tunisienne ou arabe[11],[12],[13],[14].

Radio[modifier]

Un permis est requis pour exploiter une station de radio. Il n'existe ainsi qu'un très petit nombre de radios privées : Mosaïque FM, première radio privée du pays, ouverte en novembre 2003 et Jawhara FM ouverte en juillet 2005. Cependant, elles ne traitent pas non plus l'information de façon critique[réf. nécessaire].

Internet[modifier]

La Tunisie dispose, selon beaucoup d'organisations, des procédés de censure sur Internet parmi les plus stricts du monde[15]. Techniquement, il s'agit d'un serveur mandataire qui traite toutes les requêtes HTTP et filtre les sites sur la base de leur nom de domaine.

Du 23 au 27 novembre 2006, Wikipédia et tous les serveurs de la Wikimedia Foundation ne sont plus accessibles depuis la Tunisie. Il est impossible de déterminer si cet épisode relève de la censure ou d'un simple problème technique. Par ailleurs, le site Web de Libération est bloqué à partir du 21 février 2007[16] à la suite de la parution d'un article du journaliste Taoufik Ben Brik[17]. Il est redevenu accessible quelques semaines plus tard.

Cas particuliers[modifier]

Hamadi Jebali[modifier]

Hamadi Jebali est un journaliste et ancien éditeur du journal Al Fajr, l'ancienne publication du parti islamiste interdit Ennahda. Il est condamné à un an de prison en janvier 1991 après que son journal a lancé un appel à la réforme de la justice militaire tunisienne. En août 1992, il est condamné à 16 ans de prison par une cour militaire pour insurrection et appartenance à une organisation illégale. Il est jugé avec 279 membres ou sympathisants supposés d'Ennahda. Ces procès sont très critiqués par les groupes de défense des droits de l'homme. Considéré comme unprisonnier d'opinion parAmnesty International, il est libéré le 20 mars 2006, à l'occasion des grâces du cinquantenaire de l'indépendance qui voient 81 prisonniers politiques dont 75 islamistes (dont Hamadi Jebali) et six internautes graciés[18].

Taoufik Ben Brik[modifier]

Article détaillé : Taoufik Ben Brik.

Le journaliste Taoufik Ben Brik a poursuivi, au printemps 2000, une grève de la faim durant 42 jours pour protester contre le régime[19]. En février 2007, il publie des articles critiquant le président Ben Ali dans la presse française. En réponse, l'édition du Monde du 23 février, qui publie son article Qui écrit encore à Tunis ?, et deux éditions du Nouvel Observateur (8[20] et 20 février[21]) sont censurées, ce que démentent les autorités tunisiennes, le 28 février, en dénonçant les « allégations fallacieuses » de Reporters sans frontières[22].

Sihem Bensedrine[modifier]

Article détaillé : Sihem Bensedrine.

Sihem Bensedrine est une journaliste active au sein de l'opposition politique : elle est la porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie. Pour sa défense de la liberté de la presse et des droits de l'homme, elle est présélectionnée pour le Prix Sakharov en 2002 et reçoit le International Press Freedom Award de la part des Journalistes canadiens pour la libre expression en 2004. Elle dépose une demande en vue de publier le magazine Kalima en 1999 mais ne reçoit pas de réponse. En juin 2001, elle est arrêtée et emprisonnée durant sept semaines pour avoir critiquer la justice tunisienne sur une chaîne de télévision privée basée à Londres[23]. En janvier 2004, elle est agressée par de présumés policiers en civil et voit sa troisième tentative de faire enregistrer Kalima rejetée[réf. nécessaire].

L'Index on Censorship rapporte, à la mi-2005, que Bensedrine est « la victime d'une campagne vicieuse et obscène de haine » dans les médias pro-gouvernementaux[réf. nécessaire]. Des journaux, dont Al Chourouk, la présente comme une « prostituée », une « créature du diable », une « vipère haineuse » et une « vendue aux sionistes et aux francs-maçons »[24]. Elle est décrite dans d'autres publications comme « hystérique », « délirante » et comme une « prostituée politique[réf. nécessaire]. » Dans le passé, une photo de son visage est incrustée sur des images pornographiques[réf. nécessaire].

Bensedrine publie Kalima sur Internet puisqu'il reste interdit d'impression après quatre tentatives d'enregistrement[25]. Le gouvernement a tenté à plusieurs reprises de bloquer cette version électronique[réf. nécessaire]. Elle collabore par ailleurs avec Néziha Rejiba, alias Om Zeid, qui est interpellée par les douanes en septembre 2003 alors qu'elle ramenait un peu de monnaie étrangère[réf. nécessaire].

PCOT[modifier]

Le Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT) est un parti politique interdit dirigé par Hamma Hammami. Il est décrit par ses collègues en France comme « constituant la plus importante force d'opposition » en Tunisie[réf. nécessaire].

Hammami est condamné le 6 avril 1994 à cinq ans et demi de prison par le Tribunal correctionnel de Sousse pour « falsification de carte d'identité et violences contre agent de la sécurité »[26], peine réduite de six mois par la cour d'appel de Gabès le 20 juin de la même année[27]. Vivant dans la clandestinité dès février 1998, il est condamné par contumace en juillet 1999 à 9 ans et 3 mois de prison pour « maintien d'une association interdite » et « incitation à la désobéissance et violation des lois »[28]. Sorti de la clandestinité le 2 mars 2002 et poursuivi pour appartenance au PCOT, il est condamné à 38 mois de prison le 31 mars par la cour d'appel de Tunis[29].

Son épouse, Radhia Nasraoui, une avocate spécialiste des droits de l'homme et opposante au président Ben Ali, suit plusieurs grèves de la faim dont l'une du 26 juin au 2 août 2002 pour réclamer la libération de son mari[30] et l'autre d'une durée de 57 jours à la fin 2003 pour protester contre la surveillance de sa maison et de ses communications[réf. nécessaire].

Abdallah Zouari[modifier]

Abdallah Zouari, ancien journaliste de l'hebdomadaire Al Fajr (organe du mouvement islamiste Ennahda), est condamné par un tribunal militaire à 11 ans de prison en 1992 pour appartenance à une organisation illégale[31].

Libéré en juin 2002, il engage sans succès un recours contre un arrêté du ministère de l'intérieur fixant sa résidence dans le sud-est du pays. il est réincarcéré le 19 août et condamné en appel le 23 août à huit mois de prison pour « non respect d'une mesure de contrôle administratif ». Le 17 août 2003, il est à nouveau arrêté et condamné le 29 août à 9 mois de prison pour « infraction à une mesure de contrôle administratif »[32]. Libéré en septembre 2004, il continue de servir sa peine de « contrôle administratif » durant deux ans[réf. nécessaire].

Zouhair Yahyaoui[modifier]

Article détaillé : Zouhair Yahyaoui.

Zouhair Yahyaoui, fondateur et éditeur du site Web satirique Tunezine, publie la lettre de son oncle, le juge Mokhtar Yahyaoui, qui dénonce le fonctionnement de la justice en Tunisie. Poursuivi pour « propagation de fausses nouvelles », il est condamné le 10 juillet 2002 à une peine de deux ans de prison[33]. Il est remis en liberté conditionnelle le 18 novembre 2003 après s'être mis à trois reprises en grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention[33]. Il se voit décerner le 19 juin 2003 le prix Cyberliberté de Reporters sans frontières qui récompense « un internaute qui, par son activité professionnelle ou ses prises de position, a su témoigner de son attachement à la liberté de circulation de l'information sur le réseau ». Il meurt d'une crise cardiaque le 13 mars 2005 à l'âge de 36 ans.

Controverse avec l'AMJ[modifier]

En juillet 1996, l'Association mondiale des journaux suspend l'Association tunisienne des journaux (ATJ) pour son silence concernant les attaques contre la presse. L'ATJ est définitivement expulsée en juin 1997 à la suite d'une enquête sur la liberté de la presse[réf. nécessaire].

Controverse lors du SMSI[modifier]

Du 16 au 18 novembre 2005, Tunis accueille la deuxième phase du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), la première phase s'étant déroulée à Genève[18]. Beaucoup d'observateurs jugèrent mal venu le choix de la Tunisie comme pays hôte en raison de la répression des voix indépendantes par le gouvernement de ce pays[9],[34],[35]. Finalement le sommet a eu de bonnes conséquences puisque l'utilisation d'Internet s'est généralisée dans les écoles, les universités, les administrations, les entreprises et les centres publics[18].

Le passage à tabac du journaliste de Libération, Christophe Boltanski, a eu lieu en marge de ce sommet[36] ; il a été vu par plusieurs médias et ONG comme une réponse directe aux propos tenus par ce journaliste au sujet du caractère dictatorial du régime tunisien. En effet, le 11 novembre 2005, jour de l'agression, il publie un article titré Manifestants tabassés par la police à Tunis. Le jour même, il est roué de coup et poignardé par quatre hommes dans un quartier habituellement fortement gardé en raison de la présence d'ambassades dans le périmètre. Reporters sans frontières a condamné le lendemain cet acte[37] ; Amnesty International relate aussi l'évènement[38].

Références[modifier]
  1. ? (fr) article.php3?id_article=13653">Prédateurs de la liberté de la presse (Reporters sans frontières) [article.php3?id_article=13653&title=Pr%C3%A9dateurs%20de%20la%20libert%C3%A9%20de%20la%20presse%20(Reporters%20sans%20fronti%C3%A8res)">archive]
  2. ? a, b, c et d (fr) Aux sources de l’édition arabophone en Tunisie [archive] par Jamel Zran
  3. ? (fr) article.php3?id_article=28879">Classement mondial de la liberté de la presse 2008 (Reporters sans frontières) [article.php3?id_article=28879&title=Classement%20mondial%20de%20la%20libert%C3%A9%20de%20la%20presse%202008%20(Reporters%20sans%20fronti%C3%A8res)">archive]
  4. ? (en) Article 8 de la constitution tunisienne (Jurisite Tunisie) [Article 8 de la constitution tunisienne (Jurisite Tunisie)" href="http://wikiwix.com/cache/?url=http://www.jurisitetunisie.com/tunisie/codes/constitution/const1005p.htm&title=Article%208%20de%20la%20constitution%20tunisienne%20(Jurisite%20Tunisie)">archive]
  5. ? a, b et c (fr) Presse et communication en Tunisie (Tunisie.com) [archive]
  6. ? (fr) « Le Monde censuré », Le Monde, 21 octobre 1997 [archive]
  7. ? a, b et Ecrire un commentaire

rsf- liberté à préserver

Publié le 05/04/2011 à 23:55 par observatoire-medias-tunisiens Tags : blog création travail mort cadre internet cadres

Reporters sans frontières en Tunisie : « Une nouvelle liberté à préserver » Publié le jeudi 10 février 2011. Mis a jour le vendredi 11 février 2011. . Reporters sans frontières s’est rendue en Tunisie du 2 au 4 février 2011, afin d’évaluer la situation des médias près de deux semaines après la chute du régime du président Ben Ali, d’analyser leurs besoins et de définir la contribution que pourrait apporter l’organisation pendant cette phase de transition. Les représentants de Reporters sans frontières ont rencontré de nombreux journalistes (opposants ou liés à l’ancien régime, le Syndicat des journalistes tunisiens), et le nouveau secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports. Du matériel technique a également été distribué. "La Tunisie est en plein bouillonnement. Les journalistes vivent une période historique où leur liberté est, pour la première fois, respectée. Il faut les encourager et les soutenir dans leur démarche. Il faut surtout consolider les acquis de cette jeune révolution. La censure n’a pas totalement disparu et elle peut revenir en force à tout moment. Il faut rapidement s’en prémunir en mettant en place un cadre juridique et institutionnel garantissant de manière durable la liberté d’expression. Ca passe notamment par des réformes législatives et la mise en place de nouvelles structures indépendantes de régulation des médias", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières. "Après 23 ans de censure, la liberté de la presse est une réalité en Tunisie. C’est inespéré. Nous nous réjouissons notamment pour tous les militants de la liberté d’expression. Pendant toutes ces années, une poignée de personnes se sont battues pour défendre leur liberté. Ils voient enfin leurs efforts et leur ténacité enfin récompensés. Nous pensons à eux et à tous ceux qui vont désormais pratiquer le métier de journaliste dans des conditions plus favorables. Reporters sans frontières restera très présente en Tunisie et continuera de jouer son rôle de défenseur des libertés", a-t-il ajouté. Pendant vingt-trois ans, le régime de Ben Ali a verrouillé l’information dans les médias traditionnels, puis sur le Net. Le 14 janvier 2011, après un mois de protestation, la révolution populaire est parvenue à chasser le président tunisien. Le 17 janvier, le gouvernement provisoire d’union nationale qui prend les rênes du pouvoir supprime le ministère de l’Information. Slim Amamou, blogueur libéré quatre jours auparavant, devient secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports. Ce gouvernement prône immédiatement la liberté totale d’information et d’expression comme principe fondamental. Panorama des médias, un mois après la chute de Zine el-Abidine Ben Ali : rupture ou continuité ? Le panorama : un nombre inchangé de médias Il faut s’attendre à une explosion prochaine du nombre de titres dans la presse écrite, à la multiplication des stations de radio et des chaînes de télévision. Pour l’heure, le nombre de médias reste le même. La chaîne Tunisie 7 a changé de nom… devenant la Télévision tunisienne nationale. Aucune nouvelle licence n’a encore été accordée, le gouvernement devant d’abord élaborer un cahier des charges transparent sur l’obtention des licences. En attendant, certains médias qui opéraient jusqu’à présent sans autorisation, n’ayant jamais obtenu de licence du fait de leur ligne éditoriale, ont déposé des demandes. Ils attendent. Le contenu de l’information : revirement à 180°, mais des lignes rouges persistent Le ton des médias a clairement changé, ainsi que leur manière de traiter l’actualité. Dans la presse des sujets totalement ignorés du temps du Président Ben Ali sont abordés. Même chose à la télévision avec des sujets traitant de problèmes sociaux, jusqu’alors absents des écrans. Même les dépêches de la très officielle agence de presse TAP ont changé de ton ! Les Tunisiens ont également pu suivre, pour la première fois, une interview télévisée du ministre de l’Intérieur, le 1er février dernier, fait historique. Certains journaux qui avaient l’habitude de faire l’éloge du président et de son épouse, n’hésitant pas à traîner dans la boue ses opposants, demandent aujourd’hui la peine de mort contre les membres de la famille du président déchu (lu dans Koul el-nas ou Al-Ahdath). De nombreuses personnalités de l’opposition, jusque là bannies des médias nationaux font la Une des journaux et sont régulièrement invitées à des émissions de radio ou télévision. Les trois journaux anciennement dits « d’opposition », Al-Maouqif, Al-Mouatinoun et Al Tariq al-Jadid, peuvent être imprimés et distribués normalement, sans les traditionnels problèmes « techniques » des imprimeurs. Toutefois, si la liberté de ton est réelle, de nouvelles lignes rouges semblent se dessiner. Les violences commises par les forces de l’ordre (police et armée), les dossiers de corruption concernant des proches de l’ancien président, qui sont toujours présents en Tunisie, ou les problèmes rencontrés aujourd’hui par le gouvernement restent très peu abordés dans les médias. La consigne est à la modération, afin d’apaiser les tensions sociales et de « calmer les choses ». La Télévision tunisienne nationale dans sa couverture des événements de la Casbah, fin janvier 2011, n’a montré qu’un point de vue, celui du ministère de l’Intérieur. D’autres événements ne sont pas couverts, comme la réunion organisée le 2 février dernier par la coalition appelée « Front du 14 janvier », à laquelle la Télévision tunisienne nationale n’a pas assisté. Et si certaines personnalités sont invitées à s’exprimer dans les médias, elles ne sont pas tout à fait libres de dire ce qu’elles veulent. Plusieurs d’entre elles, invitées dans les jours qui ont suivi le départ de Ben Ali, ont depuis disparu des plateaux (ex : l’ancien ministre et leader d’opposition Mostafa Ben Jaffar). La Télévision tunisienne nationale n’a pas souhaité organiser en direct le débat proposé par un de ses reporters rassemblant sur un même plateau des journalistes qui avaient été incarcérés du fait de leur activité professionnelle du temps de Ben Ali. Les journalistes : on prend les mêmes et on recommence Certaines têtes ont sauté, comme le directeur du journal La Presse, remplacé par un nouveau PDG élu par un comité de journalistes. D’autres personnalités écartées pendant le règne de Ben Ali reviennent sur le devant de la scène. Dans de nombreux cas, les journalistes ont pris le contrôle des rédactions. Mais la majorité de la profession est restée en place. Dans la plupart des médias, il n’y a pas eu de changements des équipes de direction et de rédaction. Les anciens défenseurs du régime Ben Ali se sont convertis en révolutionnaires et pionniers du changement. Les caciques de la presse de l’ancien système n’ont pas disparu. Internet : libéralisation partielle Si comme l’avait promis le président Ben Ali dans son discours du 13 janvier, la censure sur Internet a été immédiatement levée, le contrôle de la toile n’a pas été totalement levé, comme a pu le confirmer Slim Amamou, nouveau Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports. Reporters sans frontières a reçu de nombreux témoignages d’internautes et de blogueurs dans ce sens. Ainsi le blog de la Bahreïnie Amira Al Hussaini (Global Voices) est inaccessible depuis la Tunisie (dernière vérification du maintien du blocage, le 5 février 2011 à 03:27 du matin), du fait de sa couverture des événements en Tunisie, notamment des exactions des forces de sécurité. Les défis d’aujourd’hui et de demain Pour les autorités Dès la constitution du gouvernement provisoire, les nouvelles autorités tunisiennes ont décidé la suppression du ministère de l’Information. Toutefois, cette mesure qui constitue une avancée symbolique et ne sera pas suffisante pour réformer l’ensemble du fonctionnement des médias en Tunisie. Elles devront faire face à de nombreux défis. Le gouvernement provisoire va mettre en place, dans les prochains jours, une Commission des réformes politiques. Cette commission indépendante aura pour tâche d’élaborer des réformes juridiques et institutionnelles, et permettre une réelle transition démocratique. Une partie de son travail sera consacrée aux médias et aux changements apportés au système médiatique. Les nouvelles autorités tunisiennes devront notamment élaborer : un cadre juridique organisant les médias, avec la création de véritables instances de régulation indépendantes et autonomes (audiovisuel et presse écrite) un cadre juridique pour l’attribution des licences permettant la création de nouveaux médias un nouveau code de la presse Le 30 janvier, le président du Syndicat des journalistes, Neji Bghouri, a rencontré le Premier ministre par intérim, Mohamed Ghannouchi. Le Syndicat des journalistes a entre autres demandé la suppression de l’Agence tunisienne de communication extérieure (ATCE), ou un changement de ses attributions. La même demande a été formulée pour l’Agence tunisienne d’Internet (ATI). Les autorités seront inévitablement amenées à se pencher sur la question de l’avenir des médias existants, notamment ceux proches du pouvoir qui avaient obtenu des facilités pour l’obtention de leur licence. La question de la formation des journalistes, celle liée à la déontologie et à l’éthique devront également être examinées. Des dispositions claires doivent mettre un terme à la censure d’Internet, empêchant le ministère de l’Intérieur d’avoir accès aux données des internautes. Action de Reporters sans frontières Reporters sans frontières s’engage à accompagner les autorités tunisiennes dans leurs efforts pour réformer l’ensemble du système des médias en Tunisie vers un objectif de pluralisme de l’information des médias. Un nouvel espace doit naître pour des médias jouant pleinement leur rôle de contre-pouvoir. L’organisation sera aux côtés du Syndicat afin de proposer ensemble des cadres juridiques nouveaux et se tient prête à offrir son expertise pour l’élaboration d’un nouveau code de la presse. Pour mener à bien ces missions, Reporters sans frontières souhaite ouvrir un bureau dans les mois à venir dans la capitale tunisienne afin d’accompagner les autorités, les journalistes et l’ensemble de la société civile dans cette marche vers une démocratie où la liberté d’expression et la liberté de presse seront deux principes fondamentaux respectés.

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Publié le 05/04/2011 à 14:51 par observatoire-medias-tunisiens Tags : bonne gif fond photos homme cadeau musique pensée anniversaire artiste jeux poésie

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Caricatures, poésie et musique La révolution, avant et après
La révolution, avant et après

La maison de la culture Ali Ben Ayed à Hammam-Lif a abrité, vendredi dernier, une rencontre culturelle (artistique et poétique) intitulée «Inspiration de la révolution». La rencontre a été animée par le trio Sghaïer Ouled Ahmed, poète,  Chedly Belkhamsa,  dessinateur-caricaturiste et le musicien Samih Mahjoubi.
En présence d’un public nombreux, l'événement a démarré  par  le vernissage de l’exposition de 40 tableaux de  caricatures signées Belkhamsa. Ces dessins, forts, poignants et inspirés par la révolution qu’a connue la Tunisie récemment, portent sur l’ancien régime, ses symboles  et ses figures emblématiques, tournés en dérision. L’artiste, à travers ses caricatures, a également mis l’accent sur  l'aspiration du peuple et de la jeunesse  à la justice et à la liberté. L’exposition reflète le vécu des Tunisiens dans des moments cruciaux de la révolution, sur un ton critique, parodique et satirique.

Porteurs d'une mission pour l'humanité

 La deuxième partie de la rencontre a été consacrée au célèbre poète Ouled Ahmed. L' artiste et l'homme ont été présentés par Ibtissem Ouesleti. En traçant son parcours poétique, elle lui a rendu hommage, donné un aperçu général de son itinéraire à travers  quelques passages tirés de ses poèmes, cernant ainsi sa vision artistique. Une vision qui appelle à la libération du carcan de la langue figée, des idées, des expressions-clichés et de la pensée unique. Tel est le rôle du poète, du créateur et de l’artiste.

Un  style poétique libre   en fond et en forme

Accompagné d’une  musique de Samih Mahjoubi,  qui a coloré l’ambiance d’une note nostalgique, le poète a entamé son intervention par la déclamation de deux textes. Le premier  en prose et le deuxième en vers, intitulés respectivement «Hadiat Aïd El Miled» (Cadeau d'anniversaire) qui date du 13 janvier dernier, et «Hadha Ana» (C'est moi). Ancrés dans la réalité  et inspirés du vécu commun, ces deux textes dégagent une forte rébellion contre la situation qui prévalait, il y a quelques mois, et lancent un appel fervent à la liberté. Nourri de sa  propre expérience, mais aussi de l’expérience collective, Ouled Ahmed a pour principale thématique la description et la critique  du régime corrompu et de certains autres aspects qui touchent la vie sociale et culturelle en Tunisie. Par ces deux textes, le poète a démontré que coller au vécu peut se "dire" dans une verve et une  sensibilité poétiques conduisant à la rêverie. En tout cas, Sghaïer Ouled Ahmed nous a offert un vrai moment de plaisir. Il a, par ailleurs, profité de l'occasion pour annoncer l'imminente parution d’un recueil, dont le même «Hadha Ana», en fera  partie.
Un débat portant essentiellement sur l’avenir de la révolution, le rôle et la mission du poète, de l’écrivain, ainsi que de l’artiste,en général, a clos la rencontre.

Auteur : Héla SAYADI

Ajouté le : 05-04-2011

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