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Date de création : 18.03.2011
Dernière mise à jour : 10.12.2013
2252articles


liberté d'expression

la Tunisie perd 4 places dans le classement RSF

Publié le 03/02/2013 à 17:08 par observatoire-medias-tunisiens Tags : image background création nature png afrique affiche centerblog
Classement RSF de la liberté de la presse 2013 : la Tunisie perd 4 places
 
 

Reporters sans frontières (RSF) vient de publier son classement mondial de la liberté de la presse 2013.

La Tunisie se positionne cette année à la 138ème, perdant 4 places par rapport à l’année 2012. Elle se positionne loin derrière la Libye qui est 131ème et gagne 23 points. L’Egypte, en revanche gagne 8 places, bien qu’elle soit toujours mal classée (158ème).
RSF explique le classement de la Tunisie et de l’Egypte par plusieurs facteurs, dont «le vide juridique, les nominations à la tête des médias publics, les agressions physiques, les procès à répétition et l’absence de transparence» qui les font «stagner à des positions peu glorieuses».

En tête du classement, on retrouve trois pays européens. La Finlande se distingue comme le pays le plus respectueux de la liberté de la presse et ceci pour la 3ème fois consécutive. Elle est suivie par les Pays-Bas et la Norvège. Trois pays «dictatoriaux» clôturent ce classement : le Turkménistan, la Corée du Nord et l’Erythrée.
La Syrie (176ème, 0), la Somalie (175ème, -11), l’Iran (174ème, +1), la Chine (173ème, +1), le Vietnam (172ème, 0), Cuba (171ème, -4), le Soudan (170ème, 0) et le Yémen (169ème, +2) complètent la liste des dix pays les moins respectueux de la de liberté de la presse.
«Non content d’emprisonner des journalistes et net-citoyens à tour de bras, l’Iran se distingue par d’abjectes pressions sur les familles des journalistes, sur son territoire comme à l’étranger», précise le document de RSF.

Au rang des progressions les plus importantes, le Malawi (75ème, +71) remporte la palme d’or, suivi de la Côte d’Ivoire (96ème, +63). RSF note également l’amélioration de deux pays, la Birmanie (151ème, +18) et l’Afghanistan (128ème, +22).
Le Mali (99ème, -74) enregistre la plus forte chute du classement, alors que la Tanzanie (70ème, -36) perd, pour sa part, plus de trente places. Le Sultanat d’Oman (141ème) perd 24 places, la plus forte baisse enregistrée pour la zone Moyen-Orient/Afrique du Nord en 2012 et près de 50 net-citoyens et blogueurs ont été poursuivis pour «crimes de lèse majesté» et/ou «crimes de cybercriminalité» ne serait-ce qu’en 2012.

Autre fait à noter, Reporters sans frontières publie pour la première fois un indice annuel de la liberté de la presse. Par la création de cet indicateur inédit, l’organisation se dote d’un outil analytique de la performance globale des Etats, permettant de mesurer l’état général de la liberté d’informer. En 2013, l’indice s’élève à 3.395 points, un chiffre de référence pour les années à venir.
«Le Classement mondial publié par Reporters sans frontières ne tient pas compte directement de la nature des régimes politiques. Néanmoins, il apparaît clairement que les démocraties protègent mieux la liberté de la production et de la diffusion des informations factuelles que les pays dans lesquels les autres droits humains sont méprisés», observe Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. «Dans les dictatures, les acteurs de l’information s’exposent à des représailles impitoyables pour eux-mêmes et pour leurs proches. Dans nombre de démocraties, ils font face à la crise économique de la presse et aux conflits d’intérêts. Si leurs situations ne sont pas toujours comparables, il convient de rendre hommage à tous ceux qui résistent aux pressions, qu’elles soient martiales ou diffuses».

liberté de la presse recompensée à Manouba

Publié le 09/12/2012 à 21:06 par observatoire-medias-tunisiens Tags : pub background image merci moi article amis création travail
 




 

 
L'Université de la Manouba récompense la liberté de la presse
Une première en Tunisie
Mona BEN GAMRA Publié dans Le Temps le 09 - 12 - 2012


Les journalistes de Dar Assabah reçoivent le prestigieux prix Akademia de l'Université de la Manouba. Une presse qui se départit de ce lourd passé, héritage d'une politique de clochardisation de la compétence et des diplômes, politique d'annihilation de l'effort et du professionnalisme.
Oui, on en veut ! C'est aussi le souhait de ces universitaires, les meilleurs, qui créent cette année le prix Akademia pour la liberté de la presse. Le prix tire son prestige de cette enceinte qui l'abrite, l'Université de la Manouba, lieu du savoir, de la science et de l'érudition... qui le reste, malgré les mauvaises intentions qui tentent de le replonger dans l'anarchie et la destruction.
Hier matin à l'amphithéâtre de l'Université de la Manouba, le parterre d'universitaires qui a assisté à cette cérémonie de distribution des prix, donnait chaud au cœur en cette saison des grands froids. Chokri Mabkhout, le directeur de l'université de la Manouba qui donnait son discours pour présenter le prix a rappelé qu'il nous reste encore du chemin dans la ruée vers la liberté d'expression. « Et si l'espace universitaire se penche aujourd'hui sur la question de la liberté d'expression c'est qu'il renoue avec le rôle dont il a été privé pendant des décennies. » dit-il en expliquant qu'il incombe à l'université d'être en contact avec l'environnement, notamment social et politique qui l'entoure.

La distinction qui s'adresse aux journalistes en signe de reconnaissance pour leur effort investi dans leurs domaines de travail, a récompensé, entre autres, l'article d'opinion, la caricature, l'enquête journalistique, les programmes d'information, l'interview. Tous les genres journalistiques ont été distingués par ce prix qui n'oublie pas au passage de faire un clin d'œil à tous les journalistes tunisiens toutes spécialités confondues. Néjiba Hamrouni était de l'assistance et elle a reçu le prix honorifique de la liberté de la presse, au nom des journalistes tunisiens ayant participé à la grève du 17 octobre. Les neufs prix décernés n'ont pas fait l'impasse, non plus, sur le combat des journalistes de Dar Assabah qui ont reçu également un prix honorifique de la liberté de la presse. « Au final c'est tout le métier de la presse dans toutes ses acceptions qui a été honoré par cette distinction » nous dit à la sortie de l'amphithéâtre une collègue journaliste. Pour Néjiba Réjiba, le prix de l'article d'opinion qu'elle a reçu prend tout son sens dans le fait qu'il lui a été décerné par une université tunisienne. Om Zied qui ne cachait pas ses émotions a confié à cette assistance qui la comblait d'un déluge d'applaudissement « J'ai reçu plusieurs prix à l'extérieur du pays, mais je me disais que cela récompensait mon courage. Mais croyez-moi, le prix Akademia que je reçois me comble de tous les honneurs d'être une journaliste qui écrit et qui convainc par ses idées. La reconnaissance de mon pays en vaut toutes les chandelles. »

Il faut aussi saluer le travail louable d'autres journalistes et médias comme Aymen Rezgui pour « Al Hiwar Ettounissi, Riadh Guerfali et Malek Khadraoui pour le site Nawat, la radio culturelle, Zouhair Ltaief pour l'émission Fi Samim, Hamza Balloumi pour ses émissions sur les ondes de Shems FM. Sans oublier le personnage satirique de Lotfi Ben Sassi, Bok-Bok qui fait grincer des dents à plus d'un. La reconnaissance ne tarde pas à venir. Ces collègues journalistes ont été distingués par Akademia.
Quoi de plus valorisant que d'être décoré par des universitaires académiciens. Et si les journalistes ou entreprises de presse ont à s'enorgueillir, c'est pour avoir mérité d'un prix qui les décore de l'auréole du savoir. Et maintenant collègues,... boulot, boulot !

polemique lotfi abdelli-lotfi laamari

Publié le 02/11/2012 à 19:31 par observatoire-medias-tunisiens Tags : bonne chez roman

Quand les deux Lotfi s’engueulent, il y a tout à craindre pour... les doigts de l’homme ! Après l’embrouille de l’autre jour sur un plateau d’Hannibal TV, auquel participait Lotfi Abdelli, certains Tunisiens, dont nous faisons partie, commencent à craindre le pire pour leurs doigts.


Heureusement que Lotfi Laamari prodigua pendant cette émission et dans une autre de la semaine suivante quelques conseils édifiants sur le bon usage de ces parties, quelquefois trop remuantes, de la main et du pied. Les bonnes mœurs n’autorisent pas en effet de les utiliser aussi librement qu’on croit : par exemple, c’est une bonne chose que d’apprendre sa leçon sur le bout des doigts ; cela prouve qu’on est un bon sujet qui sait obéir au doigt et à l’œil à son maître ! Il est recommandé par ailleurs de montrer quelqu’un du doigt s’il manque de doigté en léchant les mains de ce dernier ! Se fourrer les doigts dans le nez pour rouler des boulettes, est en revanche déconseillé dans le guide des bonnes manières. Quant à se mettre le doigt dans l’œil, c’est si courant chez nos politiques, nos éducateurs, nos pourvoyeurs de bonne morale et nos journalistes de télévision, que l’on ne sait plus s’il faut ou pas remuer le petit doigt pour leur faire toucher du doigt l’énormité de leurs fréquentes erreurs et de leurs fourvoiements répétés. Roman; font-size: small;">   Mais notre peur pour les doigts de l’homme s’est sérieusement accrue lorsque nous apprîmes tout récemment sur Nessma TV, que des justiciers bien remontés contre, prétendent-ils, les Rcdistes et les saoulards appliquèrent dans la banlieue nord de Tunis, une bien étrange loi du Talion en coupant les doigts à leurs victimes. Bon ! L’année dernière, à Jendouba, des redresseurs de torts du même acabit s’en étaient pris à la main entière d’un jeune voleur. Cette fois donc, la sentence se fait clémente ! Sadok Chourou doit se mordre les doigts de n’avoir pas initié cette procédure, peut-être plus facile à faire passer au Conseil constitutionnel que celle, plus…tranchante, qu’il proposa alors contre les manifestants coupeurs de routes ! Roman; font-size: small;">   Il y a donc de quoi penser à créer un nouveau ministère, (pourquoi pas, nous en avons tellement !) qui s’occuperait de défendre les doigts de l’homme ! De préférence, il faudrait le confier à quelqu’un qui sait mettre le doigt sur ce qui menace vraiment ces doigts de l’homme ! En attendant, le Ministère de la Santé doigt, pardon doit mettre à la disposition de tous les Tunisiens soucieux de garder entiers tous leurs doigts de la main et du pied, des doigtiers gratuits, ou à des prix modiques, comme pour les condoms. Avis donc à tous ceux qui se servent de leurs doigts pour s’exprimer et vivre ! Journalistes, écrivains, artistes libres, à vos doigtiers ! Il y a de la coupe dans l’air ! L’Aïd el kébir continue et cette fois les moutons c’est vous ! Nous en donnerions nos doigts à couper ! Badreddine BEN HENDA

kamel labidi et la liberté d'expression

Publié le 15/08/2012 à 02:34 par observatoire-medias-tunisiens Tags : monde chez article création message société mode annonce cadre paysage
Aucune autorité n’est capable de priver les Tunisiens de leur droit universel à une presse libre

2012-08-14

424 Visites
Par Kamel Labidi
Aucune autorité n’est capable de priver les Tunisiens de leur droit universel à une presse libre

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J’étais bien loin d’imaginer que le processus de la réforme du secteur de l’information et de la communication en Tunisie allait essuyer les tirs les plus intenses au moment où siègeraient au plus haut sommet de l’Etat deux personnalités connues pour être des défenseurs notoires des droits de l’Homme : Moncef Marzouki, ancien Président de la Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme (LTDH), devenu Président de la République ; Mustapha Ben Jaafar, ancien vice-président de la LTDH, devenu Président de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) et Hamadi Jebali, ancien directeur d’un organe de l’opposition, l’hebdomadaire « El Fejr » et ancien prisonnier politique, devenu Président du gouvernement.

Ces trois personnalités avec qui j’entretenais des relations d’amitié, pendant les années de plomb, sont, en effet, les mieux placés, normalement, pour savoir combien ils ont souffert et combien la Tunisie a perdu, dans tous les domaines, à cause des violations systématiques de la liberté d’expression et des exactions massives contre les journalistes, sous l’ancien régime.
Tous les militants et défenseurs des droits de l’Homme étaient au courant des attaques en série lancées contre le processus de réforme du secteur de l’information et de la communication, quelques mois avant le triomphe électoral du parti Ennahdha, le 23 octobre 2011.
Toutefois, les flèches décochées contre l’Instance Nationale pour la Réforme de l’Information et de la Communication (INRIC) ont raté leur cible. Elles n’ont servi, en définitive, qu’à ternir davantage la réputation de leurs auteurs, en Tunisie comme à l’étranger, et à mettre à nu leurs visées personnelles, leur opportunisme politique et leurs calculs étriqués.
Les attaques contre l’INRIC n’ont fait que conforter la détermination de ses membres à poursuivre la mission qui leur a été confiée en vertu du décret-loi N°2011-10.
Mais ce qui est le plus déconcertant c’est que celui qui détient aujourd’hui le plus de pouvoir et celui qui devrait être logiquement le plus proche des journalistes et des hommes des médias c’est bien Hamadi Jebali, le Président du gouvernement.
Il était, en effet, le directeur du journal « el Fejr » jusqu’en 1991, date de son incarcération et il a entretenu des relations très denses avec les ONG internationales les plus actives dans la défense de la liberté d’expression.
Avant même la présentation de son programme de gouvernement devant l’ANC, en décembre 2011, Hamadi Jebali avait promis d’œuvrer à ce que la Tunisie, à l’instar des pays démocratiques, soit dotée d’un paysage médiatique libre et pluraliste, en accord avec les standards internationaux en matière de liberté d’expression.
Malheureusement, moins de trois semaines après cette promesse qu’il m’a faite personnellement à maintes reprises, l’opinion publique en Tunisie a été surprise par l’annonce, le 7 janvier 2012, de la nomination, par le Président du gouvernement, de trois PDG à la tête de trois entreprises publiques de presse, (l’Agence TAP, la Télévision Tunisienne et la SNIPE, éditrice des quotidiens « La Presse et « Essahafa »).
Ces nominations ont été décidées sans aucune consultation préalable avec les instances représentatives de la profession et selon le même mode opératoire qui était en vigueur sous la dictature de Ben Ali. C'est-à-dire dans l’opacité la plus totale et en privilégiant l’allégeance politique au détriment du mérite et de la compétence.
A l’occasion de ces nominations, le Président du gouvernement a même franchi une ligne rouge et commis un impair sans précédent, depuis l’indépendance du pays. Il a, en effet, nommé un directeur de la rédaction à la télévision tunisienne et deux rédacteurs en chef aux quotidiens « La Presse » et « Essahafa ».
A la suite du mouvement de protestation, organisé, place de la Kasbah, le 9 janvier 2012, à l’appel du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT), pour dénoncer ces nominations, le Président du gouvernement a promis à l’INRIC d’ouvrir la porte du dialogue et de la concertation, d’éviter à l’avenir des décisions aussi fâcheuses et de veiller à prendre l’exemple sur les expériences des pays démocratiques en matière de réforme du secteur de l’information.
Au cours d’un entretien avec le président de l’INRIC, organisé à sa demande, Hamadi Jebali s’est dit disposé à échanger les vues au sujet des recommandations urgentes sur la réforme du secteur de l’information et de la communication, qui lui ont été adressées par l’INRIC, fin décembre 2011, ainsi qu’aux Présidents Marzouki et Ben Jaafar ; et aux membres de l’ANC.
Parmi ces recommandations, figurait notamment la nécessité d’accélérer la publication des textes d’application relatifs aux décrets-lois N°115 et 116 organisant les secteurs de la presse écrite, électronique et audiovisuelle.
Mais, encore une fois, la promesse n’a pas été tenue et l’engagement pris par le Président du gouvernement d’œuvrer en vue de garantir la liberté d’expression et le pluralisme médiatique est resté un vœu pieux et un discours lénifient.
Il semble donc évident que des forces occultes agissent dans l’ombre pour que les promesses du Président du gouvernement ne soient pas concrétisées, pour garder la mainmise sur les médias publics et pour obliger les médias privés et les journalistes à abdiquer au plus vite leur indépendance.
Car, ce n’est pas du tout un hasard si la rupture du dialoguer avec l’INRIC, l’unique instance habilitée légalement à présenter une conception de la réforme du secteur de l’information et de la communication, a coïncidé avec l’intensification des agressions contre les journalistes et personnels de la télévision tunisienne, le brandissement de la menace de privatiser les médias publics ou l’organisation, les 27 et 28 avril 2012, par les conseillers du Président du gouvernement d’une prétendue « conférence nationale sur le cadre juridique des médias », à laquelle ont été invités quelques uns parmi les architectes de la politique médiatique de Ben Ali et parmi ceux qui l’ont supplié de briguer un nouveau mandant en 2014 pour parachever son « projet civilisationnel ».
Une consultation qui a été boycottée par l’INRIC et le SNJT parce qu’elle rappelle, à maints égards, les « consultations nationales » qui étaient organisées sous la dictature de Ben Ali et qui n’étaient fondées que sur le mensonge et la manipulation.
Tous les indices montrent que cette série d’évènements s’inscrit dans le cadre d’une stratégie qui vise à mettre en échec le processus de réforme du secteur de l’information et de la communication et à assoir de nouveau une hégémonie sur l’ensemble de l’espace médiatique, en prévision des prochaines échéances électorales et pour plus longtemps encore si, par malheur, les défenseurs convaincus d’un régime démocratique authentique, parmi
les tunisiennes et tunisiens, continuent à agir en rangs dispersés.
Sinon, comment expliquer que certains conseillers du Président du gouvernement décident de rompre le dialogue avec l’INRIC et le SNJT ? Comment expliquer leurs déclarations contradictoires avec les promesses de leur chef ? Et comment expliquer leur soutien sans réserve aux positions de la minorité qui s’oppose aux décrets-lois N°115 et 116, parmi certains leaders radicaux du mouvement Ennahdha, ou parmi ceux qui considèrent toute opinion différente comme une forme de traîtrise?
Pourtant, tout le monde le sait. Les adversaires des décrets-lois N°115 et 116 ne sont, pour la plupart, qu’une minorité de partisans inconditionnels du Président déchu. Ils ont œuvré sans cesse à semer la discorde et la zizanie parmi les professionnels du métier, à miner leurs structures professionnelles et à placer leurs intérêts personnels au dessus de l’intérêt général.
La campagne de désinformation et de manipulation orchestrée contre les décrets-lois N°115 et 116 a réussi, en partie, à susciter une vague de suspicion et de méfiance, à cause de l’alignement des patrons des médias privés sur les positions de cette minorité qui s’oppose surtout au décret-loi 116, lequel prévoit la création d’une Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA).
Pourtant, la préparation de ces deux textes de loi qui ont été publiés au Journal Officiel, le 4 novembre 2011, a mobilisé un grand nombre de professionnels, de syndicalistes, d’experts et de représentants des ONG nationales et internationales, dans le cadre d’une consultation très large, jamais organisée en Tunisie.
Il semble tout à fait évident que parmi les principales raisons qui ont conduit le gouvernement et la majorité qui lui est acquise au sein de l’ANC à bloquer le décret-loi N°116, se trouve la volonté d’attribuer des faveurs à quelques membres de la nouvelle nomenklatura.
C’est ce qui explique, entre autres, l’attribution d’une licence, hors du cadre légal prévu par le décret-loi N°116, pour le lancement d’une chaine de télévision satellitaire, « zitouna tv », proche du parti « Ennahdha ».
Cette licence a été attribuée à un jeune militant du parti, Oussama Ben Salem, membre du conseil de la Choura et fils du ministre de l’enseignement supérieur, en violation flagrante de la loi qui interdit la création de médias audiovisuels à vocation idéologique ou religieuse.
Cette chaine a eu même le privilège de réaliser un scoop, quelques jours à peine après son lancement. Elle a diffusé une interview avec le dernier premier ministre du colonel kadhafi, Baghdadi Mahmoudi, dans sa prison à Tripoli, conduite sous forme d’un interrogatoire policier, dans une transgression manifeste des règles les plus élémentaires de la profession.
Cette interview dans laquelle le prisonnier, seul devant la caméra, avouait ses crimes et rendait hommage à ses geôliers pour la bienveillante attention dont il serait entouré, rend étrangement à l’esprit les fameux interrogatoires policiers conduits avec les opposants politiques et diffusés par les médias audiovisuels, sous la dictature.
Rappelons, pour mémoire, que l’extradition par les autorités tunisienne de Baghdadi Mahmoudi a provoqué une grave crise politique et constitutionnelle en Tunisie et suscité une grande vague de protestation chez les défenseurs des droits de l’Homme, en Tunisie et à l’étranger.
Ce qui est tout à fait surprenant et paradoxal c’est que le cercle de la concertation et du débat sur les décrets-lois N°115 et 116 s’est considérablement rétréci après les élections du 23 octobre 2011, alors qu’il était beaucoup large sous un gouvernement provisoire qui était, pourtant, dépourvu de toute légitimité populaire.
En effet, Aucun soupçon de concertation ou de débat n’a précédé l’annonce par les médias, le 4 juillet 2012, du consensus qui s’est dégagé au sein de la commission des instances constitutionnelles de l’ANC autour de la création d’une « instance indépendante de l’information ». Et il est absolument difficile, pour tout observateur honnête et intègre de croire qu’une assemblée dominée par le parti « Ennahdha » et ses alliés puisse élire une instance réellement indépendante composée de neuf membres.
Cette annonce surprise a eu lieu quelques heures à peine après que l’INRIC eut décidé de mettre fin à ses activités pour protester contre l’absence de volonté politique du gouvernement et d’initiatives concrètes sur la voie de la réforme.
Tous les journalistes et les professionnels des médias vivent désormais dans la crainte de voir cette future instance ressusciter les anciennes pratiques de censure et de désinformation qui étaient la prérogative des ministères de l’information sous la dictature. Surtout que les nouveaux législateurs vont confier à cette instance la mission d’organiser et de réguler le secteur de l’information dans son ensemble, sans distinction entre médias écrits et médias audiovisuels.
Pourtant, l’INRIC a bien expliqué, dans son rapport général, rendu public le 30 avril 2012, et l’a rappelé, début juillet dernier, que la régulation du secteur de la presse écrite est du ressort exclusif de la profession qui l’exerce dans le cadre de ce qu’il est communément appelé « l’autorégulation ».
Mais ce qui est encore plus surprenant c’est que les nouveaux gouvernants et les nouveaux décideurs s’obstinent à ignorer les expériences étrangères réussies dans en la matière, et à traiter avec une indifférence totale les conclusions du rapport général de l’INRIC qui représente un véritable document de référence, de l’avis de bon nombre d’observateurs et d’experts étrangers dans le domaine de la réforme de l’information.
Ce rapport comporte, en effet, une radioscopie détaillée du paysage médiatique tunisien, une analyse des avantages que procurent les nouvelles législations proposées, et des recommandations visant à améliorer le rendement des médias et à promouvoir leurs compétences.
Ces recommandations portent également sur la création de mécanismes et la mise en place de critères objectifs pour la désignation des dirigeants des médias publics, afin de rompre définitivement avec les anciennes pratiques qui étaient fondées sur l’allégeance politique et le népotisme. Des pratiques qui, malheureusement, sont encore courantes, depuis janvier 2012 et qui ne touchent pas uniquement les médias publics mais aussi certains médias privés qui appartenaient aux membres du clan Ben Ali.
Soyons, toutefois, objectifs ! Les nouveaux gouvernants ne sont pas les seuls responsables des maux qui minent le secteur de l’information et de la communication, et des dangers qui le guettent.
L’INRIC n’a pas manqué de pointer du doigt, documents à l’appui, les fautes professionnelles et les violations flagrantes des règles de la déontologie commises par certains journalistes et même par certains experts et chercheurs dans le domaine de l’information.
Mais, la troïka présidentielle et les constituants assument, incontestablement, la plus grande part de responsabilité, par leur silence face aux manœuvres exécutées depuis le début de l’année 2012 pour saborder le processus de la réforme, et face à la multiplication des agressions et des actes d’intimidation à l’encontre des journalistes et des blogueurs dont certains ont été même emprisonnés, ce qui a conduit bon nombre d’ONG nationales et internationales à tirer la sonnette d’alarme.
Certains professionnels et universitaires assument aussi une part de responsabilité pour avoir cautionné ces pratiques, et pour avoir tendu la main aux symboles de l’ancien régime parmi les cartels médiatiques qui ont prospéré grâce aux prébendes qui leur ont été alloués sous la dictature, en contrepartie de leur allégeance politique.
La décision de l’INRIC de mettre fin à ses activités et de cesser de jouer les figurants est un message urgent destiné aux nouveaux gouvernants pour leur signifier qu’il n’existe aucune autorité capable de priver les tunisiennes et les tunisiens de leurs droits fondamentaux dont, en premier lieu, leur droit universel à une presse libre et pluraliste. Mais encore faut-il que toutes les composantes de la société civile fassent preuve de solidarité et de ténacité dans la défense de ces droits.
Kamel Labidi, journaliste, ancien président de l’INRIC.

kamel labidi et la liberté d'expression

Publié le 15/08/2012 à 02:34 par observatoire-medias-tunisiens Tags : monde chez article création message société mode annonce cadre paysage
Aucune autorité n’est capable de priver les Tunisiens de leur droit universel à une presse libre

2012-08-14

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Par Kamel Labidi
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J’étais bien loin d’imaginer que le processus de la réforme du secteur de l’information et de la communication en Tunisie allait essuyer les tirs les plus intenses au moment où siègeraient au plus haut sommet de l’Etat deux personnalités connues pour être des défenseurs notoires des droits de l’Homme : Moncef Marzouki, ancien Président de la Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme (LTDH), devenu Président de la République ; Mustapha Ben Jaafar, ancien vice-président de la LTDH, devenu Président de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) et Hamadi Jebali, ancien directeur d’un organe de l’opposition, l’hebdomadaire « El Fejr » et ancien prisonnier politique, devenu Président du gouvernement.

Ces trois personnalités avec qui j’entretenais des relations d’amitié, pendant les années de plomb, sont, en effet, les mieux placés, normalement, pour savoir combien ils ont souffert et combien la Tunisie a perdu, dans tous les domaines, à cause des violations systématiques de la liberté d’expression et des exactions massives contre les journalistes, sous l’ancien régime.
Tous les militants et défenseurs des droits de l’Homme étaient au courant des attaques en série lancées contre le processus de réforme du secteur de l’information et de la communication, quelques mois avant le triomphe électoral du parti Ennahdha, le 23 octobre 2011.
Toutefois, les flèches décochées contre l’Instance Nationale pour la Réforme de l’Information et de la Communication (INRIC) ont raté leur cible. Elles n’ont servi, en définitive, qu’à ternir davantage la réputation de leurs auteurs, en Tunisie comme à l’étranger, et à mettre à nu leurs visées personnelles, leur opportunisme politique et leurs calculs étriqués.
Les attaques contre l’INRIC n’ont fait que conforter la détermination de ses membres à poursuivre la mission qui leur a été confiée en vertu du décret-loi N°2011-10.
Mais ce qui est le plus déconcertant c’est que celui qui détient aujourd’hui le plus de pouvoir et celui qui devrait être logiquement le plus proche des journalistes et des hommes des médias c’est bien Hamadi Jebali, le Président du gouvernement.
Il était, en effet, le directeur du journal « el Fejr » jusqu’en 1991, date de son incarcération et il a entretenu des relations très denses avec les ONG internationales les plus actives dans la défense de la liberté d’expression.
Avant même la présentation de son programme de gouvernement devant l’ANC, en décembre 2011, Hamadi Jebali avait promis d’œuvrer à ce que la Tunisie, à l’instar des pays démocratiques, soit dotée d’un paysage médiatique libre et pluraliste, en accord avec les standards internationaux en matière de liberté d’expression.
Malheureusement, moins de trois semaines après cette promesse qu’il m’a faite personnellement à maintes reprises, l’opinion publique en Tunisie a été surprise par l’annonce, le 7 janvier 2012, de la nomination, par le Président du gouvernement, de trois PDG à la tête de trois entreprises publiques de presse, (l’Agence TAP, la Télévision Tunisienne et la SNIPE, éditrice des quotidiens « La Presse et « Essahafa »).
Ces nominations ont été décidées sans aucune consultation préalable avec les instances représentatives de la profession et selon le même mode opératoire qui était en vigueur sous la dictature de Ben Ali. C'est-à-dire dans l’opacité la plus totale et en privilégiant l’allégeance politique au détriment du mérite et de la compétence.
A l’occasion de ces nominations, le Président du gouvernement a même franchi une ligne rouge et commis un impair sans précédent, depuis l’indépendance du pays. Il a, en effet, nommé un directeur de la rédaction à la télévision tunisienne et deux rédacteurs en chef aux quotidiens « La Presse » et « Essahafa ».
A la suite du mouvement de protestation, organisé, place de la Kasbah, le 9 janvier 2012, à l’appel du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT), pour dénoncer ces nominations, le Président du gouvernement a promis à l’INRIC d’ouvrir la porte du dialogue et de la concertation, d’éviter à l’avenir des décisions aussi fâcheuses et de veiller à prendre l’exemple sur les expériences des pays démocratiques en matière de réforme du secteur de l’information.
Au cours d’un entretien avec le président de l’INRIC, organisé à sa demande, Hamadi Jebali s’est dit disposé à échanger les vues au sujet des recommandations urgentes sur la réforme du secteur de l’information et de la communication, qui lui ont été adressées par l’INRIC, fin décembre 2011, ainsi qu’aux Présidents Marzouki et Ben Jaafar ; et aux membres de l’ANC.
Parmi ces recommandations, figurait notamment la nécessité d’accélérer la publication des textes d’application relatifs aux décrets-lois N°115 et 116 organisant les secteurs de la presse écrite, électronique et audiovisuelle.
Mais, encore une fois, la promesse n’a pas été tenue et l’engagement pris par le Président du gouvernement d’œuvrer en vue de garantir la liberté d’expression et le pluralisme médiatique est resté un vœu pieux et un discours lénifient.
Il semble donc évident que des forces occultes agissent dans l’ombre pour que les promesses du Président du gouvernement ne soient pas concrétisées, pour garder la mainmise sur les médias publics et pour obliger les médias privés et les journalistes à abdiquer au plus vite leur indépendance.
Car, ce n’est pas du tout un hasard si la rupture du dialoguer avec l’INRIC, l’unique instance habilitée légalement à présenter une conception de la réforme du secteur de l’information et de la communication, a coïncidé avec l’intensification des agressions contre les journalistes et personnels de la télévision tunisienne, le brandissement de la menace de privatiser les médias publics ou l’organisation, les 27 et 28 avril 2012, par les conseillers du Président du gouvernement d’une prétendue « conférence nationale sur le cadre juridique des médias », à laquelle ont été invités quelques uns parmi les architectes de la politique médiatique de Ben Ali et parmi ceux qui l’ont supplié de briguer un nouveau mandant en 2014 pour parachever son « projet civilisationnel ».
Une consultation qui a été boycottée par l’INRIC et le SNJT parce qu’elle rappelle, à maints égards, les « consultations nationales » qui étaient organisées sous la dictature de Ben Ali et qui n’étaient fondées que sur le mensonge et la manipulation.
Tous les indices montrent que cette série d’évènements s’inscrit dans le cadre d’une stratégie qui vise à mettre en échec le processus de réforme du secteur de l’information et de la communication et à assoir de nouveau une hégémonie sur l’ensemble de l’espace médiatique, en prévision des prochaines échéances électorales et pour plus longtemps encore si, par malheur, les défenseurs convaincus d’un régime démocratique authentique, parmi
les tunisiennes et tunisiens, continuent à agir en rangs dispersés.
Sinon, comment expliquer que certains conseillers du Président du gouvernement décident de rompre le dialogue avec l’INRIC et le SNJT ? Comment expliquer leurs déclarations contradictoires avec les promesses de leur chef ? Et comment expliquer leur soutien sans réserve aux positions de la minorité qui s’oppose aux décrets-lois N°115 et 116, parmi certains leaders radicaux du mouvement Ennahdha, ou parmi ceux qui considèrent toute opinion différente comme une forme de traîtrise?
Pourtant, tout le monde le sait. Les adversaires des décrets-lois N°115 et 116 ne sont, pour la plupart, qu’une minorité de partisans inconditionnels du Président déchu. Ils ont œuvré sans cesse à semer la discorde et la zizanie parmi les professionnels du métier, à miner leurs structures professionnelles et à placer leurs intérêts personnels au dessus de l’intérêt général.
La campagne de désinformation et de manipulation orchestrée contre les décrets-lois N°115 et 116 a réussi, en partie, à susciter une vague de suspicion et de méfiance, à cause de l’alignement des patrons des médias privés sur les positions de cette minorité qui s’oppose surtout au décret-loi 116, lequel prévoit la création d’une Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA).
Pourtant, la préparation de ces deux textes de loi qui ont été publiés au Journal Officiel, le 4 novembre 2011, a mobilisé un grand nombre de professionnels, de syndicalistes, d’experts et de représentants des ONG nationales et internationales, dans le cadre d’une consultation très large, jamais organisée en Tunisie.
Il semble tout à fait évident que parmi les principales raisons qui ont conduit le gouvernement et la majorité qui lui est acquise au sein de l’ANC à bloquer le décret-loi N°116, se trouve la volonté d’attribuer des faveurs à quelques membres de la nouvelle nomenklatura.
C’est ce qui explique, entre autres, l’attribution d’une licence, hors du cadre légal prévu par le décret-loi N°116, pour le lancement d’une chaine de télévision satellitaire, « zitouna tv », proche du parti « Ennahdha ».
Cette licence a été attribuée à un jeune militant du parti, Oussama Ben Salem, membre du conseil de la Choura et fils du ministre de l’enseignement supérieur, en violation flagrante de la loi qui interdit la création de médias audiovisuels à vocation idéologique ou religieuse.
Cette chaine a eu même le privilège de réaliser un scoop, quelques jours à peine après son lancement. Elle a diffusé une interview avec le dernier premier ministre du colonel kadhafi, Baghdadi Mahmoudi, dans sa prison à Tripoli, conduite sous forme d’un interrogatoire policier, dans une transgression manifeste des règles les plus élémentaires de la profession.
Cette interview dans laquelle le prisonnier, seul devant la caméra, avouait ses crimes et rendait hommage à ses geôliers pour la bienveillante attention dont il serait entouré, rend étrangement à l’esprit les fameux interrogatoires policiers conduits avec les opposants politiques et diffusés par les médias audiovisuels, sous la dictature.
Rappelons, pour mémoire, que l’extradition par les autorités tunisienne de Baghdadi Mahmoudi a provoqué une grave crise politique et constitutionnelle en Tunisie et suscité une grande vague de protestation chez les défenseurs des droits de l’Homme, en Tunisie et à l’étranger.
Ce qui est tout à fait surprenant et paradoxal c’est que le cercle de la concertation et du débat sur les décrets-lois N°115 et 116 s’est considérablement rétréci après les élections du 23 octobre 2011, alors qu’il était beaucoup large sous un gouvernement provisoire qui était, pourtant, dépourvu de toute légitimité populaire.
En effet, Aucun soupçon de concertation ou de débat n’a précédé l’annonce par les médias, le 4 juillet 2012, du consensus qui s’est dégagé au sein de la commission des instances constitutionnelles de l’ANC autour de la création d’une « instance indépendante de l’information ». Et il est absolument difficile, pour tout observateur honnête et intègre de croire qu’une assemblée dominée par le parti « Ennahdha » et ses alliés puisse élire une instance réellement indépendante composée de neuf membres.
Cette annonce surprise a eu lieu quelques heures à peine après que l’INRIC eut décidé de mettre fin à ses activités pour protester contre l’absence de volonté politique du gouvernement et d’initiatives concrètes sur la voie de la réforme.
Tous les journalistes et les professionnels des médias vivent désormais dans la crainte de voir cette future instance ressusciter les anciennes pratiques de censure et de désinformation qui étaient la prérogative des ministères de l’information sous la dictature. Surtout que les nouveaux législateurs vont confier à cette instance la mission d’organiser et de réguler le secteur de l’information dans son ensemble, sans distinction entre médias écrits et médias audiovisuels.
Pourtant, l’INRIC a bien expliqué, dans son rapport général, rendu public le 30 avril 2012, et l’a rappelé, début juillet dernier, que la régulation du secteur de la presse écrite est du ressort exclusif de la profession qui l’exerce dans le cadre de ce qu’il est communément appelé « l’autorégulation ».
Mais ce qui est encore plus surprenant c’est que les nouveaux gouvernants et les nouveaux décideurs s’obstinent à ignorer les expériences étrangères réussies dans en la matière, et à traiter avec une indifférence totale les conclusions du rapport général de l’INRIC qui représente un véritable document de référence, de l’avis de bon nombre d’observateurs et d’experts étrangers dans le domaine de la réforme de l’information.
Ce rapport comporte, en effet, une radioscopie détaillée du paysage médiatique tunisien, une analyse des avantages que procurent les nouvelles législations proposées, et des recommandations visant à améliorer le rendement des médias et à promouvoir leurs compétences.
Ces recommandations portent également sur la création de mécanismes et la mise en place de critères objectifs pour la désignation des dirigeants des médias publics, afin de rompre définitivement avec les anciennes pratiques qui étaient fondées sur l’allégeance politique et le népotisme. Des pratiques qui, malheureusement, sont encore courantes, depuis janvier 2012 et qui ne touchent pas uniquement les médias publics mais aussi certains médias privés qui appartenaient aux membres du clan Ben Ali.
Soyons, toutefois, objectifs ! Les nouveaux gouvernants ne sont pas les seuls responsables des maux qui minent le secteur de l’information et de la communication, et des dangers qui le guettent.
L’INRIC n’a pas manqué de pointer du doigt, documents à l’appui, les fautes professionnelles et les violations flagrantes des règles de la déontologie commises par certains journalistes et même par certains experts et chercheurs dans le domaine de l’information.
Mais, la troïka présidentielle et les constituants assument, incontestablement, la plus grande part de responsabilité, par leur silence face aux manœuvres exécutées depuis le début de l’année 2012 pour saborder le processus de la réforme, et face à la multiplication des agressions et des actes d’intimidation à l’encontre des journalistes et des blogueurs dont certains ont été même emprisonnés, ce qui a conduit bon nombre d’ONG nationales et internationales à tirer la sonnette d’alarme.
Certains professionnels et universitaires assument aussi une part de responsabilité pour avoir cautionné ces pratiques, et pour avoir tendu la main aux symboles de l’ancien régime parmi les cartels médiatiques qui ont prospéré grâce aux prébendes qui leur ont été alloués sous la dictature, en contrepartie de leur allégeance politique.
La décision de l’INRIC de mettre fin à ses activités et de cesser de jouer les figurants est un message urgent destiné aux nouveaux gouvernants pour leur signifier qu’il n’existe aucune autorité capable de priver les tunisiennes et les tunisiens de leurs droits fondamentaux dont, en premier lieu, leur droit universel à une presse libre et pluraliste. Mais encore faut-il que toutes les composantes de la société civile fassent preuve de solidarité et de ténacité dans la défense de ces droits.
Kamel Labidi, journaliste, ancien président de l’INRIC.

kamel labidi et la liberté d'expression

Publié le 15/08/2012 à 02:34 par observatoire-medias-tunisiens Tags : monde chez article création message société mode annonce cadre paysage

Aucune autorité n’est capable de priver les Tunisiens de leur droit universel à une presse libre

2012-08-14

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Par Kamel Labidi
Aucune autorité n’est capable de priver les Tunisiens de leur droit universel à une presse libre

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J’étais bien loin d’imaginer que le processus de la réforme du secteur de l’information et de la communication en Tunisie allait essuyer les tirs les plus intenses au moment où siègeraient au plus haut sommet de l’Etat deux personnalités connues pour être des défenseurs notoires des droits de l’Homme : Moncef Marzouki, ancien Président de la Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme (LTDH), devenu Président de la République ; Mustapha Ben Jaafar, ancien vice-président de la LTDH, devenu Président de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) et Hamadi Jebali, ancien directeur d’un organe de l’opposition, l’hebdomadaire « El Fejr » et ancien prisonnier politique, devenu Président du gouvernement.

Ces trois personnalités avec qui j’entretenais des relations d’amitié, pendant les années de plomb, sont, en effet, les mieux placés, normalement, pour savoir combien ils ont souffert et combien la Tunisie a perdu, dans tous les domaines, à cause des violations systématiques de la liberté d’expression et des exactions massives contre les journalistes, sous l’ancien régime.
Tous les militants et défenseurs des droits de l’Homme étaient au courant des attaques en série lancées contre le processus de réforme du secteur de l’information et de la communication, quelques mois avant le triomphe électoral du parti Ennahdha, le 23 octobre 2011.
Toutefois, les flèches décochées contre l’Instance Nationale pour la Réforme de l’Information et de la Communication (INRIC) ont raté leur cible. Elles n’ont servi, en définitive, qu’à ternir davantage la réputation de leurs auteurs, en Tunisie comme à l’étranger, et à mettre à nu leurs visées personnelles, leur opportunisme politique et leurs calculs étriqués.
Les attaques contre l’INRIC n’ont fait que conforter la détermination de ses membres à poursuivre la mission qui leur a été confiée en vertu du décret-loi N°2011-10.
Mais ce qui est le plus déconcertant c’est que celui qui détient aujourd’hui le plus de pouvoir et celui qui devrait être logiquement le plus proche des journalistes et des hommes des médias c’est bien Hamadi Jebali, le Président du gouvernement.
Il était, en effet, le directeur du journal « el Fejr » jusqu’en 1991, date de son incarcération et il a entretenu des relations très denses avec les ONG internationales les plus actives dans la défense de la liberté d’expression.
Avant même la présentation de son programme de gouvernement devant l’ANC, en décembre 2011, Hamadi Jebali avait promis d’œuvrer à ce que la Tunisie, à l’instar des pays démocratiques, soit dotée d’un paysage médiatique libre et pluraliste, en accord avec les standards internationaux en matière de liberté d’expression.
Malheureusement, moins de trois semaines après cette promesse qu’il m’a faite personnellement à maintes reprises, l’opinion publique en Tunisie a été surprise par l’annonce, le 7 janvier 2012, de la nomination, par le Président du gouvernement, de trois PDG à la tête de trois entreprises publiques de presse, (l’Agence TAP, la Télévision Tunisienne et la SNIPE, éditrice des quotidiens « La Presse et « Essahafa »).
Ces nominations ont été décidées sans aucune consultation préalable avec les instances représentatives de la profession et selon le même mode opératoire qui était en vigueur sous la dictature de Ben Ali. C'est-à-dire dans l’opacité la plus totale et en privilégiant l’allégeance politique au détriment du mérite et de la compétence.
A l’occasion de ces nominations, le Président du gouvernement a même franchi une ligne rouge et commis un impair sans précédent, depuis l’indépendance du pays. Il a, en effet, nommé un directeur de la rédaction à la télévision tunisienne et deux rédacteurs en chef aux quotidiens « La Presse » et « Essahafa ».
A la suite du mouvement de protestation, organisé, place de la Kasbah, le 9 janvier 2012, à l’appel du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT), pour dénoncer ces nominations, le Président du gouvernement a promis à l’INRIC d’ouvrir la porte du dialogue et de la concertation, d’éviter à l’avenir des décisions aussi fâcheuses et de veiller à prendre l’exemple sur les expériences des pays démocratiques en matière de réforme du secteur de l’information.
Au cours d’un entretien avec le président de l’INRIC, organisé à sa demande, Hamadi Jebali s’est dit disposé à échanger les vues au sujet des recommandations urgentes sur la réforme du secteur de l’information et de la communication, qui lui ont été adressées par l’INRIC, fin décembre 2011, ainsi qu’aux Présidents Marzouki et Ben Jaafar ; et aux membres de l’ANC.
Parmi ces recommandations, figurait notamment la nécessité d’accélérer la publication des textes d’application relatifs aux décrets-lois N°115 et 116 organisant les secteurs de la presse écrite, électronique et audiovisuelle.
Mais, encore une fois, la promesse n’a pas été tenue et l’engagement pris par le Président du gouvernement d’œuvrer en vue de garantir la liberté d’expression et le pluralisme médiatique est resté un vœu pieux et un discours lénifient.
Il semble donc évident que des forces occultes agissent dans l’ombre pour que les promesses du Président du gouvernement ne soient pas concrétisées, pour garder la mainmise sur les médias publics et pour obliger les médias privés et les journalistes à abdiquer au plus vite leur indépendance.
Car, ce n’est pas du tout un hasard si la rupture du dialoguer avec l’INRIC, l’unique instance habilitée légalement à présenter une conception de la réforme du secteur de l’information et de la communication, a coïncidé avec l’intensification des agressions contre les journalistes et personnels de la télévision tunisienne, le brandissement de la menace de privatiser les médias publics ou l’organisation, les 27 et 28 avril 2012, par les conseillers du Président du gouvernement d’une prétendue « conférence nationale sur le cadre juridique des médias », à laquelle ont été invités quelques uns parmi les architectes de la politique médiatique de Ben Ali et parmi ceux qui l’ont supplié de briguer un nouveau mandant en 2014 pour parachever son « projet civilisationnel ».
Une consultation qui a été boycottée par l’INRIC et le SNJT parce qu’elle rappelle, à maints égards, les « consultations nationales » qui étaient organisées sous la dictature de Ben Ali et qui n’étaient fondées que sur le mensonge et la manipulation.
Tous les indices montrent que cette série d’évènements s’inscrit dans le cadre d’une stratégie qui vise à mettre en échec le processus de réforme du secteur de l’information et de la communication et à assoir de nouveau une hégémonie sur l’ensemble de l’espace médiatique, en prévision des prochaines échéances électorales et pour plus longtemps encore si, par malheur, les défenseurs convaincus d’un régime démocratique authentique, parmi
les tunisiennes et tunisiens, continuent à agir en rangs dispersés.
Sinon, comment expliquer que certains conseillers du Président du gouvernement décident de rompre le dialogue avec l’INRIC et le SNJT ? Comment expliquer leurs déclarations contradictoires avec les promesses de leur chef ? Et comment expliquer leur soutien sans réserve aux positions de la minorité qui s’oppose aux décrets-lois N°115 et 116, parmi certains leaders radicaux du mouvement Ennahdha, ou parmi ceux qui considèrent toute opinion différente comme une forme de traîtrise?
Pourtant, tout le monde le sait. Les adversaires des décrets-lois N°115 et 116 ne sont, pour la plupart, qu’une minorité de partisans inconditionnels du Président déchu. Ils ont œuvré sans cesse à semer la discorde et la zizanie parmi les professionnels du métier, à miner leurs structures professionnelles et à placer leurs intérêts personnels au dessus de l’intérêt général.
La campagne de désinformation et de manipulation orchestrée contre les décrets-lois N°115 et 116 a réussi, en partie, à susciter une vague de suspicion et de méfiance, à cause de l’alignement des patrons des médias privés sur les positions de cette minorité qui s’oppose surtout au décret-loi 116, lequel prévoit la création d’une Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA).
Pourtant, la préparation de ces deux textes de loi qui ont été publiés au Journal Officiel, le 4 novembre 2011, a mobilisé un grand nombre de professionnels, de syndicalistes, d’experts et de représentants des ONG nationales et internationales, dans le cadre d’une consultation très large, jamais organisée en Tunisie.
Il semble tout à fait évident que parmi les principales raisons qui ont conduit le gouvernement et la majorité qui lui est acquise au sein de l’ANC à bloquer le décret-loi N°116, se trouve la volonté d’attribuer des faveurs à quelques membres de la nouvelle nomenklatura.
C’est ce qui explique, entre autres, l’attribution d’une licence, hors du cadre légal prévu par le décret-loi N°116, pour le lancement d’une chaine de télévision satellitaire, « zitouna tv », proche du parti « Ennahdha ».
Cette licence a été attribuée à un jeune militant du parti, Oussama Ben Salem, membre du conseil de la Choura et fils du ministre de l’enseignement supérieur, en violation flagrante de la loi qui interdit la création de médias audiovisuels à vocation idéologique ou religieuse.
Cette chaine a eu même le privilège de réaliser un scoop, quelques jours à peine après son lancement. Elle a diffusé une interview avec le dernier premier ministre du colonel kadhafi, Baghdadi Mahmoudi, dans sa prison à Tripoli, conduite sous forme d’un interrogatoire policier, dans une transgression manifeste des règles les plus élémentaires de la profession.
Cette interview dans laquelle le prisonnier, seul devant la caméra, avouait ses crimes et rendait hommage à ses geôliers pour la bienveillante attention dont il serait entouré, rend étrangement à l’esprit les fameux interrogatoires policiers conduits avec les opposants politiques et diffusés par les médias audiovisuels, sous la dictature.
Rappelons, pour mémoire, que l’extradition par les autorités tunisienne de Baghdadi Mahmoudi a provoqué une grave crise politique et constitutionnelle en Tunisie et suscité une grande vague de protestation chez les défenseurs des droits de l’Homme, en Tunisie et à l’étranger.
Ce qui est tout à fait surprenant et paradoxal c’est que le cercle de la concertation et du débat sur les décrets-lois N°115 et 116 s’est considérablement rétréci après les élections du 23 octobre 2011, alors qu’il était beaucoup large sous un gouvernement provisoire qui était, pourtant, dépourvu de toute légitimité populaire.
En effet, Aucun soupçon de concertation ou de débat n’a précédé l’annonce par les médias, le 4 juillet 2012, du consensus qui s’est dégagé au sein de la commission des instances constitutionnelles de l’ANC autour de la création d’une « instance indépendante de l’information ». Et il est absolument difficile, pour tout observateur honnête et intègre de croire qu’une assemblée dominée par le parti « Ennahdha » et ses alliés puisse élire une instance réellement indépendante composée de neuf membres.
Cette annonce surprise a eu lieu quelques heures à peine après que l’INRIC eut décidé de mettre fin à ses activités pour protester contre l’absence de volonté politique du gouvernement et d’initiatives concrètes sur la voie de la réforme.
Tous les journalistes et les professionnels des médias vivent désormais dans la crainte de voir cette future instance ressusciter les anciennes pratiques de censure et de désinformation qui étaient la prérogative des ministères de l’information sous la dictature. Surtout que les nouveaux législateurs vont confier à cette instance la mission d’organiser et de réguler le secteur de l’information dans son ensemble, sans distinction entre médias écrits et médias audiovisuels.
Pourtant, l’INRIC a bien expliqué, dans son rapport général, rendu public le 30 avril 2012, et l’a rappelé, début juillet dernier, que la régulation du secteur de la presse écrite est du ressort exclusif de la profession qui l’exerce dans le cadre de ce qu’il est communément appelé « l’autorégulation ».
Mais ce qui est encore plus surprenant c’est que les nouveaux gouvernants et les nouveaux décideurs s’obstinent à ignorer les expériences étrangères réussies dans en la matière, et à traiter avec une indifférence totale les conclusions du rapport général de l’INRIC qui représente un véritable document de référence, de l’avis de bon nombre d’observateurs et d’experts étrangers dans le domaine de la réforme de l’information.
Ce rapport comporte, en effet, une radioscopie détaillée du paysage médiatique tunisien, une analyse des avantages que procurent les nouvelles législations proposées, et des recommandations visant à améliorer le rendement des médias et à promouvoir leurs compétences.
Ces recommandations portent également sur la création de mécanismes et la mise en place de critères objectifs pour la désignation des dirigeants des médias publics, afin de rompre définitivement avec les anciennes pratiques qui étaient fondées sur l’allégeance politique et le népotisme. Des pratiques qui, malheureusement, sont encore courantes, depuis janvier 2012 et qui ne touchent pas uniquement les médias publics mais aussi certains médias privés qui appartenaient aux membres du clan Ben Ali.
Soyons, toutefois, objectifs ! Les nouveaux gouvernants ne sont pas les seuls responsables des maux qui minent le secteur de l’information et de la communication, et des dangers qui le guettent.
L’INRIC n’a pas manqué de pointer du doigt, documents à l’appui, les fautes professionnelles et les violations flagrantes des règles de la déontologie commises par certains journalistes et même par certains experts et chercheurs dans le domaine de l’information.
Mais, la troïka présidentielle et les constituants assument, incontestablement, la plus grande part de responsabilité, par leur silence face aux manœuvres exécutées depuis le début de l’année 2012 pour saborder le processus de la réforme, et face à la multiplication des agressions et des actes d’intimidation à l’encontre des journalistes et des blogueurs dont certains ont été même emprisonnés, ce qui a conduit bon nombre d’ONG nationales et internationales à tirer la sonnette d’alarme.
Certains professionnels et universitaires assument aussi une part de responsabilité pour avoir cautionné ces pratiques, et pour avoir tendu la main aux symboles de l’ancien régime parmi les cartels médiatiques qui ont prospéré grâce aux prébendes qui leur ont été alloués sous la dictature, en contrepartie de leur allégeance politique.
La décision de l’INRIC de mettre fin à ses activités et de cesser de jouer les figurants est un message urgent destiné aux nouveaux gouvernants pour leur signifier qu’il n’existe aucune autorité capable de priver les tunisiennes et les tunisiens de leurs droits fondamentaux dont, en premier lieu, leur droit universel à une presse libre et pluraliste. Mais encore faut-il que toutes les composantes de la société civile fassent preuve de solidarité et de ténacité dans la défense de ces droits.
Kamel Labidi, journaliste, ancien président de l’INRIC.

LIBERTE D'EXPRESSION DANS LA CONSTITUTION

Publié le 03/08/2012 à 22:41 par observatoire-medias-tunisiens Tags : moi monde article création société artiste extrait

Liberté de presse en danger puisque pour Ennahdha, «tout peut changer»

© tekiano.com | Mercredi, 01 Août 2012 13:07| Mots clés : liberté d’expression assemblée constituante constitution Ennahdha

 

A l'Assemblée Constituante, le vote a été serrée, 10 contre 11 pour l'article 26 sur la liberté d'expression. Les députés en faveur de moins de restrictions ont eu gain de cause. Mais les élus d'Ennahdha rappellent que «tout peut changer», une fois cet article soumis au Conseil Général.

anc-010812«Nous voulions restreindre cette liberté quand il s'agit d'une atteinte aux bonnes mœurs et à l'ordre public. Ce n'est pas du tout négatif, il y a ce genre de restrictions dans beaucoup d'autres pays» déclare Ahmed Smayiî, député nahdhaoui rapporteur de la Commission des Droits et des Libertés. Cet élu a en fait défendu son opinion lors de la séance tenue vendredi 27 juillet. Après un bras de fer qui a duré quatre jours, les députés se sont finalement mis d'accord sur un article global qui définit la liberté de création et d'expression comme suit l'extrait traduit par Salma Baccar, élue du Pôle Démocratique Moderniste :

«La liberté de penser, d'opinion et d'expression est garantie. La liberté de presse est garantie et ne peut être restreinte que par la loi qui protège la liberté d'autrui, sa santé, sa sécurité ou en cas de diffamation. Aucune censure préalable ne peut être exercée sur un journaliste ou un artiste. L'Etat doit protéger le droit à la culture et encourager toute forme de création artistique afin d'encourager une culture nationale ouverte sur les cultures du monde. L'Etat protège la propriété intellectuelle»

La bataille a été rude au sein de la commission où deux visions de société s'opposent. Pour Ahmed Smayiî, il s'agit «d'atteinte à une certaine culture, une tradition qui définit le peuple tunisien». Il a voulu mettre ces limitations, afin de ne pas laisser le champ ouvert à d'autres «restrictions», selon ses dires. «Pour moi, la notion d'atteinte à l'ordre public peut être instrumentalisée sous une dictature mais dans une démocratie, le juge saura interpréter correctement la loi. Pour la notion de bonnes mœurs, il faudrait peut-être remplacer le terme par «moralité publique» pour qu'il soit mieux compris»déclare le député pour qui le débat continuera en séance plénière.

L'article 26 n'est qu'une victoire en demi-teinte pour la liberté d'expression. Si l'article a été voté, son inscription dans la version finale de la constitution n'est pas garantie. Comme le raconte Selma Mabrouk, député d'Ettakatol, les présidents des commissions ont proposé de ne tenir compte en séance plénière, que des articles ayant reçu la majorité des votes. Si cette proposition est maintenue, l'article 26 risque d'entrer en contradiction avec l'article 3, dont la version ayant obtenu le plus de voix est celle qui criminalise l'atteinte au sacré: «L'état protège la liberté de croyance et de culte. Toute atteinte au sacré est un crime» Pour la députée Salma Baccar, une chose est sûre, la bataille continue : « il faut rester sur l'idée de présenter toutes les propositions à égalité, surtout celle où ne nous sommes pas parvenus à un consensus sinon nous allons droit dans le mur».

Pour Farida Labidi, députée nahdhaouie et présidente de la commission, «la décision finale reviendra au Conseil Général. Et donc, tout peut encore changer».

affaire de l'espace ebdellia_ liberté d'expression

Publié le 17/06/2012 à 23:46 par observatoire-medias-tunisiens Tags : image merci amis création jeux film nuit femmes humour art peinture pub artiste exposition islam
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Décidément, l'édition 2012 du Printemps des arts n'arrête pas de faire parler d'elle, depuis son ouverture le 1er juin. C'est surtout l'exposition d'El Abdellia (à croire qu'il n'y a pas d'autres espaces participant à l'événement!) qui a fait la polémique. On a crié à la censure, lors du vernissage et aux barbus, lors de la cérémonie de clôture qui a viré à la lutte idéologique. Après des menaces de vive voix et d'autres «facebookiennes», annonçant l'intention de décrocher certains tableaux jugés «blasphématoires» par d'obscurs individus (qui semblent s'être improvisés critiques d'art) que l'on dit appartenir à la tendance salafiste (ou pas...?), les artistes et autres protagonistes et amateurs d'art, avertis une heure avant la cérémonie, se sont rassemblés, au palais d'El Abdellia, pour défendre ces œuvres et avec elles la liberté de création...
Ainsi, dimanche matin, nous apprend-on, des «salafistes» se sont rendus à la galerie El Abdellia, accompagnés d'un huissier-notaire et d'un avocat et ont menacé d'intenter un procès contre certains artistes et galeristes participants. Un ultimatum a été donné aux artistes qui devaient retirer leurs œuvres avant la prochaine visite (18h00) de ces sinistres individus, sous peine de représailles... Nous étions sur place à cette heure. La mobilisation des gens pour défendre les œuvres a, semble-t-il, porté ses fruits car, hormis quelques aller-retour accueillis par des «Dégage» et de brefs passages pour bien ausculter les œuvres en question, il n'y a pas eu de grabuge... En tout cas, pas avant la tombée de la nuit, puisque nous avons appris par la suite, par quelques riverains du quartier, qu'après la clôture officielle de l'exposition, une centaine d'énurgumènes barbus, dont certains en état d'ébriété (?!), ont attaqué les lieux, au vu et au su de nos forces de l'ordre, vandalisant certaines œuvres dont une grande installation qui occupait le patio du palais. Et ce qui relevait au départ de la contestation organisée a viré au vandalisme pur et dur et à l'atteinte aux biens privés et publics.
L'origine de la polémique
L'exposition d'El Abdellia (celle de Carthage aussi apparemment) semble s'être focalisée sur une thématique générale et régnante. Choix des organisateurs lors de la sélection des œuvres ou tendance générale? Le fait est que un bon nombre d'artistes ont été fortement inspirés par l'épouvante salafiste, l'extrémisme religieux et tout ce qui va avec. Une thématique qui a suscité l'ire de certains groupes qui ont vu — ou qui ont voulu voir — en cela une provocation et une atteinte aux préceptes de l'Islam et au sacré. A l'origine, donc, des travaux autour de cette peur de l'extrémisme, autour du voile, des châtiments corporels pratiqués sous d'autres cieux et prônés par certains courants «islamistes»... Disons par d'autres cultures.
Le sujet semble être au menu du jour et fait écho, comme certains l'avancent, à une angoisse générale que les artistes tentent d'exorciser à travers leurs œuvres. Serait-ce une thématique suggérée par les organisateurs du festival ou est-ce que nos artistes ont tous les mêmes soucis thématiques et plastiques, parce que la tendance, ces deux dernières années, semble se tourner de plus en plus vers les installations et les «ready made», le plus souvent avec des approches très au premier degré qui révèlent une paresse au niveau de la poïétique et un penchant pour l'art fast-food ? Mais ceci est un autre sujet... Le fait est que les participants au Printemps des arts, cette année, semblent en grande partie s'être organisés en un courant artistique pour se focaliser sur l'épouvante salafiste, considérée par d'autres comme une fausse polémique politique créée et alimentée pour étouffer les vrais problèmes et défis sociaux et économiques...
Plastiquement, les œuvres de cette tendance n'ont rien d'intéressant, en somme, que de la représentation creuse qui frôle parfois l'illustration. C'est le cas de cette installation de Nadia Jlassi qui reproduit une scène de lapidation ou encore ces multiples photographies numériques qui figurent des femmes voilées sans aucun apport plastique ou pictural.
«Couscous à l'agneau» , la peinture de Mohamed Ben Slama est, apparemment, celle qui a dérangé le plus. En effet, ce dernier, en usant de jeux de mots et d'un humour acerbe, a mis en scène la servitude féminine. Le tableau figure ainsi un nu féminin (en premier plan) avec un plat de couscous pour cacher le sexe et, en guise de voile, un attroupement obscur, en arrière-plan, de sinistres figures masculines barbues... Les interprétations demeurent, certes, larges et subjectives et on se demande lesquels des deux a dérangé le plus, le buste féminin ou les figures de barbus?
Un débat d'idées autour de cette œuvre, par exemple, ou d'une autre du même artiste qui n'est pas exposée à El Abdellia (qui figure entre autres la Mecque) et que les protagonistes de la campagne de dénigrement facebookienne ont cru bon de rééditer et de publier sur la toile, aurait pu s'installer. N'est-ce pas là le propre de l'art? Susciter des débats et des échanges intellectuels? A la place, on a eu droit à du vandalisme, à des menaces violentes et à un enchaînement de manifestations, lundi soir, aux slogans extrémistes. Des marches organisées, tard dans la soirée, à La Marsa, au Kram-Salammbô, à Carthage et ailleurs et qui, à l'évidence, n'ont rien de spontané, viennent nous rappeler les manifestations contre la diffusion du film Persepolis à la veille des élections de la Constituante. «L'instrumentalisation est trop évidente ! A qui profite cette grave tentative de diversion ! On est effrayé par les perspectives obscurantistes, mais on n'aura jamais plus peur! Qu'ils déploient leur cirque, ils ne passeront pas ! Le peuple est las, mais pas dupe !» a noté Mahmoud Chalbi dans ce sens.
Maintenant, le plus important c'est de savoir à qui profitent tous ces mouvements qui s'appuient sur des motifs religieux, qui prennent spécialement pour cibles, ou comme boucs émissaires, les artistes et les intellectuels et qui sont le plus souvent soit couverts soit tus par nos forces de l'ordre ou, pire encore, justifiés, dans certains cas, par certains membres du gouvernement provisoire! A ce propos, le ministère de la Culture a rappelé, dans un communiqué rendu public lundi dernier, son attachement à la liberté de création, tout en condamnant «toute forme d'atteinte au sacré, comme ce fut le cas dans certaines œuvres exposées». Allez comprendre...

incident dramatique d'une exposition

Publié le 17/06/2012 à 23:39 par observatoire-medias-tunisiens Tags : image photo article création dieu film société nature exposition
Liberté de création : A propos des « lignes rouges » ?

Culture, Politique, Tunisie, Tunisie on 12/06/2012 22:55 / 444 clic

Vu la tournure dramatique que prennent les évènements qui se déroulent dans notre pays suite à une exposition d’arts plastiques tenue à La Marsa et après avoir écouté ce qu’ont dit les ministres qui se sont aujourd’hui relayés devant la presse à propos des » lignes rouges » que les créateurs ne doivent transgresser…Nous publions à nouveau cet article qui nous paraît plus d’actualité qu’au moment où son auteur l’avait écrit , il y a quelques mois

La liberté de création : La révolution tiendra-t-elle ses promesses?

La liberté fut avec la dignité l’un des deux mots d’ordre les plus scandés par les manifestants qui avaient empli l’avenue Habib Bourguiba dans cette journée révolutionnaire du 14 janvier 2011 qui a mis fin au régime de Ben Ali

Si la liberté réclamée haut et fort par la rue au cours de cette journée concernait prioritairement le champ politique, elle n’englobait pas moins toutes les autres libertés qui en découlent et notamment, celles de penser, de s’exprimer, d’accéder à l’information et celle plus spécifique au domaine de la culture, de créer et de diffuser le produit de sa création.

Dans ce domaine, la révolution se devait donc d’être un passage forcé d’un « système culturel » où la censure exercée par l’Etat était la règle à une nouvelle gouvernance culturelle basée sur le principe de liberté.

Qu’en est-il advenu dans la réalité ?

Si personne ne peut mettre en doute les progrès réalisés par la Tunisie depuis la révolution en matière de liberté d’expression, l’état des lieux semble moins rassurant en matière de liberté de création et ce, malgré l’engagement plusieurs fois répété de l’actuel ministre de la culture, Monsieur Méhdi Mabrouk qui appelle les créateurs à « donner libre cours à leur inspiration créatrice ».

Le doute a été nourri au cours des derniers mois par plusieurs affaires, qui ont défrayé la chronique et suscité des remous et des tensions telles que la projection du film « ni Dieu ni maitre » de Nédia El Fani, celle du film Iranien Pérsepolis par la chaine de télévision Nessma ou l’arrestation pour le moins expéditive du directeur du quotidien Ettounoussia pour avoir publié une photo jugée impudique, et d’autres affaires du genre qui n’ont pas suscité autant de résonnance dans les médias.

Ce qui paraît paradoxal, c’est qu’au moment où l’Etat déclare affranchir la création de sa propre censure « politique », sont apparues dans la société, des forces et des initiatives diffuses qui se sont octroyées le droit et la légitimité de fixer ,selon leur propre appréciation, des« lignes rouges »souvent de nature morale ou religieuse qui ne doivent pas être franchies par les créateurs.

En somme, une nouvelle répartition des rôles semble s’opérer : avant le 14 Janvier, c’était l’Etat qui se chargeait de censurer, il le faisait souvent pour des motifs politiques de manière systématique et arbitraire. Après la révolution, l’Etat tend à se soustraire à cette tâche en la transférant à d’autres acteurs agissant au nom du sacré ou des « valeurs » de la société.

Paradoxalement, la révolution qui a libéré la création de la censure de l’Etat, semble avoir du même coup libéré une sorte de « censure sociale » plus diffuse, moins prévisible et moins identifiable.

Une nouvelle donne qui générera sans doute dans le futur, des enjeux et peut-être des combats épisodiques entre la liberté de création, qui n’est jamais absolue, et son contraire : la censure.

Mutation somme toute naturelle, non contradictoire avec le fonctionnement sain d’une démocratie, pourvu que personne ne se place, au nom d’autres absolus, au dessus de la loi.

Boubaker Ben Fraj

BATAILLES DE L'INFORMATION

Publié le 18/03/2012 à 23:15 par observatoire-medias-tunisiens Tags : fond article france travail paysage

 

      Les 12 grandes batailles de l’information en Tunisie
  • Par Ali Laïdi Ben Mansour

     

  • Le dossier de l’information est un des dossiers le plus épineux à traiter et à analyser dans la Tunisie d’aujourd’hui.

    L’information, les entreprises de presse et les journalistes sont critiqués tous azimuts et la situation est carrément explosive dans le secteur public que certains voudraient toujours voir à la botte du pouvoir. Certains sont bien sûr en retard d’une révolution. Cependant, la situation du secteur a besoin d’une grande remise en question qui devrait, pour être crédible, ne pas faire dans la dentelle et aller au fond des choses.

    Des pans entiers de notre presse doit rendre des comptes sur leurs compromissions et leurs accointances avec l’ATCE (Agence tunisienne de communication extérieure) et avec le régime de Ben Ali. Toutefois, nous devons aussi laisser la place à une réconciliation nationale sur les bases d’une justice transitionnelle indépendante.

     

    Les autres dossiers peuvent se résumer à ce que les professionnels du paysage médiatique tunisien d’aujourd’hui résument dans les points que nous énumérons ci–après. Cependant, il restera quand même à inventer une nouvelle écriture –journalistique- pour la nouvelle Tunisie.

     

    Voici donc et en résumé ce qui nous attend pour aller de l’avant, et nous comptons sur vos contributions pour enrichir l’analyse et engager le débat sur le sujet.

  1. La profession dans son ensemble doit analyser et définir les acteurs et les entreprises qui doivent rendre des comptes sur leurs pratiques pendant l’époque «mauve».
  2. Organiser un processus de réconciliation nationale sur l’information se basant sur un travail de justice transitionnelle.
  3. Séparer le traitement de trois domaines de l’information contemporaine, à savoir la presse écrite, la presse audiovisuelle et la presse électronique, quitte à imaginer une structure nationale globale de l’information et de la communication.
  4. Soutenir les différents acteurs de la profession dans son ensemble à s’organiser en syndicats indépendants selon chaque corps de métier pour les journalistes et les techniciens de l’audiovisuel et l’électronique et selon les entreprises pour les patrons de presse, afin de faire émerger une représentativité acceptée par tous les intervenants sur tous les dossiers éthiques, professionnels ou matériels.
  5. Créer, selon les meilleures pratiques internationales, un «Conseil de la presse» qui sera géré par la profession de façon paritaire (journalistes, entreprises de presse et pouvoirs publics) et qui se chargera d’organiser le domaine de la presse écrite dans tous es détails…
  6. Créer de manière similaire un Conseil de l’audiovisuel et un autre Conseil de la presse électronique et qui formeront ensuite, avec le Conseil de la presse, l’autorité nationale de régulation de l’information et de la communication, selon les meilleures pratiques internationales (la CSA française, le Press Council anglais ou encore la FCC américaine, sont des exemples parmi d’autres).
  7. Imaginer un mécanisme de partage transparent de la publicité publique et des aides de l’Etat à la presse qui sera géré aussi de manière paritaire et qui sera soumis au contrôle de la Cours de Comptes pour toutes ses décisions…
  8. Instituer le droit à l’information comme un droit fondamental de tout citoyen tunisien dans la Constitution et décréter l’obligation faite aux pouvoirs publics de préserver la pluralité rédactionnelle de la presse et de traiter les entreprises de presse publiques et privées comme «entreprise d’utilité publique» avec ce qui en découle comme privilèges fiscaux et autres…
  9. Créer un organisme paritaire entre les entreprises de la presse écrite et les représentant du patronat pour la vérification de la diffusion à la manière de l’OJD (Office de Justification de la Diffusion), et ceci afin de mieux organiser dans la transparence toutes les pratiques de ventes et d’achat d’espaces publicitaires basés sur des informations neutres, fiables et acceptées par tous.
  10. L’organisme en question peut servir de modèle pour une institution similaire de mesures d’audiences pour la presse audiovisuelle dont le pays a également besoin.
  11. Statuer publiquement, par une commission parlementaire indépendante, sur l’état de la distribution des journaux aujourd’hui dans le Grand Tunis et à l’intérieur du pays, situation pas très orthodoxe et avec des pratiques non transparentes -pour ne pas dire pratiques frauduleuses- qui peuvent tomber sous les coups de la loi. D’autres parts, inciter les entreprises de presse écrite à une prise en charge collective de la fonction de diffusion selon un modèle dans les bonnes pratiques internationales comme celui des NMPP (Nouvelles Messageries de la Presse Parisiennes) en France.
  12. Revoir à travers des Etats généraux de l’information et de la communication tout le processus de formation en journalisme, en communication et en multimédia dans le pays en associant à cette réflexion les professionnels à côtés des syndicats du secteur et des spécialistes universitaires.
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