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on voudrai s'avoir vos projets pour notre beau pays pour le future de nos enfants en esperant l'avenir soit m
Par latifa bejaoui, le 10.04.2013
ecrire votre commentaire... bonjour tu peut voter pour mon forum merci
ta as juste a cliquer sur le lien c
Par lisaelisabeth, le 17.02.2013
vu que je suis en france n'ayant pas acces aux pages interieures de votre journal je suis du meme avis que fao
Par Hichem Bornaz, le 13.02.2013
ana mouhamed bedoui men sousse ma8roum barcha bik w n7eb nwali nmathel m3ak jerebni w chouf mewehbi 24107
Par mouhamed bedoui , le 12.12.2012
semi se un homme me ya boucoup des pèse dernière sète a faire enchalah rabi avec toi me un jour tu va sortie y
Par pardo, le 28.11.2012
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Date de création : 18.03.2011
Dernière mise à jour :
24.02.2013
2125articles
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Publié par Arwa le 13 mai 2011 à 11:31
Ce dossier date de la période noire de l’injustice, des exactions et des atteintes à la liberté et à la dignité des gens, du temps de la dictature de Ben Ali. La victime n’est autre que la militante et journaliste Sihem Ben Sedrine qui a été injuriée plus d’une fois, sous les ordres du président déchu, par le biais de quelques plumes à la solde du fuyard.
Aujourd’hui, chacun voulant recouvrer ses droits, son dossier vient d’être remis sur la table par son avocat, Maître Abderraouf Ayadi, qui a avisé les autorités judiciaires que la plainte déposée alors par sa cliente n’a eu aucune suite. Il s’agit d’articles publiés par trois journaux de la place portant atteinte à sa personne et à sa dignité.
Cette plainte concerne les trois rédacteurs en chef Abdelhamid Riahi, du journal «Achourouq», Abdelaziz Jéridi, directeur du journal «Al Hadath», et Salah Hajja, directeur du journal «Assarih» qui ont publié sur leurs pages, durant le règne de Ben Ali, des articles insultants contre Sihem Ben Sedrine, rapporte le journal londonien de langue arabe "Al Qods Al Arabi".
Selon l’avocat de Sihem Ben Sedrine, ces responsables touchaient des sommes conséquentes afin de s’attaquer à tout opposant et de donner un visage «rayonnant» du pouvoir en place, considérant ces faveurs comme un vol du bien public qui doit être remis à l’Etat… Affaire à suivre.
Radio Kalima dérange Sihem Ben Sedrine rue dans les brancards ! «J’accuse la police politique et les lobbies des anciens Rcédistes… de faire la politique de la terre brûlée pour semer la terreur auprès des Tunisiens»- Sihem Ben Sedrine qui était l’objet d’une campagne de dénigrement depuis mercredi dernier a organisé une conférence de presse au siège de Radio Kalima pour donner sa version des faits.
On accusait, en effet, la rédactrice en chef de la station radiophonique, « d’avoir fomenté le complot ayant fait circuler l’interview tonitruante de Farhat Rajhi sur le web. Mieux encore d’avoir financé les deux journalistes ayant conduit l’entrevue avec l’ex ministre de l’intérieur ». Un résonnement pour le moins tiré par les cheveux, mais cela n’a pas empêché les journalistes et les responsables de la radio qui n’a pas encore obtenu son droit de fréquence, de faire entendre leur voix. « La voie est libre et personne ne peut nous barrer la route ou nous obliger à rebrousser chemin. Cette répression qu’on subit quotidiennement ne peut que renforcer notre volonté et nous pousser à donner le meilleur de nous même pour l’avenir de notre radio et pour faire de la liberté d’expression en Tunisie un acquis. Il se trouve aujourd’hui que les anciennes têtes pensantes du régime de Ben Ali sont toujours là et sont en train de mener une contre –Révolution. Hier seulement, le streaming de la radio a été coupé puisqu’une attaque d’une technicité pointue a été organisée contre notre site. En même temps les informations diffamatoires ont circulé pour accuser Sihem Ben Sedrine d’être de mèche avec Farhat Rajhi. » commente Omar Mestiri le directeur de la radio qui continue « Nous n’accusons pas le gouvernement de transition encore moins le système de sécurité dans notre pays, mais plutôt les lobbies de l’ancien régime de Ben Ali qui ont le bras long et veulent faire régner un climat d’insécurité dans notre pays. Ils veulent à tout prix que la date des élections de la Constituante soit reportée. » Les conférenciers ont plusieurs fois montré, preuve à l’appui, que la police politique n’a pas été réellement dissous et que les voix libres sont aujourd’hui persécutées. « Nous subissons tous les jours des interrogatoires de personnes en tenue civile. On veut tout savoir sur les journalistes. Certains parmi nous ont même été menacés. Le comble est la situation dans laquelle se retrouve ma collègue Marwa Réquiq, la journaliste qui assurait une émission en direct depuis l’Avenue Bourguiba, mercredi dernier. Dès qu’elle a annoncé qu’elle travaille pour radio Kalima, elle a été violentée par une dizaine d’agents. La vidéo qui existe sur notre site fait foi. Actuellement elle est hospitalisée pour cinq points de suture et pour des bleus sur l’ensemble de son corps. », commente l’une des journalistes de la station radiophonique rebelle. Rebelle, précisément, pour la situation des journalistes qui en ont bavé de l’ancienne dictature depuis 2008. Ces derniers ne sont pas au bout de leurs peines puisque la répression continue et reprend de plus belle même après la Révolution. Mais aussi pour l’injustice à l’égard de la station de radio qui n’a pas encore son droit aux fréquences, affirme-t-on. A une question qu’on lui a posée, Zakia Hédiji qui travaille pour la station de radio et est membre de l’Instance Nationale Indépendante pour le secteur de l'Information et de la Communication depuis le mois de mars, elle nous a répondu qu’elle ne peut réparer cette injustice vu qu’elle doit faire son travail dans l’objectivité totale sans parti-pris même si elle a participé aux ateliers de travail de la commission. « J’accuse l’Instance Nationale Indépendante pour le secteur de l'Information et de la Communication et la personne de Kamel Laabidi qui à chaque fois reporte les procédures pour qu’on n’ait pas notre droit aux fréquences. » avance Omar Mestiri. Rappelons dans la foulée, que L’Instance nationale pour la réforme de l’information créée suite au décret-loi n°10 de l’an 2011 doit émettre un avis consultatif qu’elle transmet au premier ministère, qui par la suite prend sa décision pour l’obtention d’un visa en ce sens. « Le premier ministre n’a pas d’objections par rapport à cela et le blocage émane de ladite instance. Adel Gaâloul le secrétaire d’Etat en a informé Caied Essebsi qui a appelé Kamel Laabidi pour activer les procédures en vain. Cela montre que le lobby du système de Ben Ali fonctionne bien avec les anciennes têtes pensantes du régime déchu.» fait remarquer Sihem Ben Sedrine. Et si radio kalima a choisi la parole pour obtenir ce qui lui revient de droit c’est qu’ils gardent pour des jours meilleurs la possibilité de faire entendre leur voix sur le plan international. « On ne veut pas y arriver même si on a la possibilité de le faire, car il est question de l’image de notre Révolution à l’étranger. » commente Sihem Ben Sedrine qui croit dur comme fer que si Ben Ali a conduit durant 23 ans le pays d’une main de fer, ses alliés sont toujours là et qu’un audit devrait être fait à l’ATCE pour démanteler un système mafieux des plus dangereux. Et si l’information juste et véridique est toujours bâillonnée et que les journalistes, les meilleurs, sont persécutés, c’est que la liberté d’expression demeure un combat permanent dans notre pays parce qu’elle loin d’être acquise. Mona BEN GAMRA le temps 8/5/2011
Radio Kalima — Conférence de presse A qui profite l’exclusion ?
Le paysage médiatique est encore manipulé par les ennemis de la liberté et les partisans de la dictature. En effet, les incessantes attaques et menaces que subit Radio «Kalima» témoignent que nos médias sont encore prisonniers des méthodes archaïques et moyens détournés du régime déchu pour dissimuler la vérité. Lesquelles méthodes persistent encore, basées sur la répression, le fanatisme et l’exclusion. C’est ce qu’a dévoilé M. Omar Mestiri, dirigeant de ladite radio, lors d’une conférence de presse tenue, hier, à Tunis. En présence de Mme Sihem Ben Sedrine et de certains journalistes, il a fait savoir que la radio a été hier l’objet d’un blocage d’une heure sur le Net, dont les artisans ne seraient que des internautes chevronnés, vu la minutie de leur action.
M. Mestiri a également noté que la radio n’a pas encore eu son visa pour exercer dans le cadre d’une entreprise médiatique indépendante et autonome, qui respecte la déontologie de la profession et travaille pour le bien de la Tunisie et des Tunisiens. D’où son incapacité à assurer à son personnel des conditions de travail respectables et propices à la réussite. «On est une radio indépendante qui exerce suivant des options de principe de tout temps immuables pour nous, à savoir intégrité et transparence. C’est pourquoi l’on essaie de nous exclure du paysage médiatique national. Notre indépendance nuit à certains et notre transparence nous vaut des campagnes de culpabilisation et des agressions perpétuelles. D’ailleurs, la journaliste Marwa Rekik est encore à l’hôpital, ayant été agressée par la police politique. Cette dernière existe encore et n’hésite point à réprimer les esprits libres. Sachant qu’elle a accusé Sihem d’avoir été à l’origine de la diffusion des dernières déclarations de M.Farhat Rajhi. Tout cela pour nous intimider et nous exclure du paysage médiatique national. Notre siège est constamment contrôlé et nos journalistes sont continuellement poursuivis. Mais, nous continuerons notre combat pour l’indépendance de la presse et la liberté d’expression», a observé l’ intervenant.
Pas d’élections libres en l’absence de médias indépendants
De son côté, Mme Sihem Ben Sedrine, co-dirigeante de la radio, n’a pas omis d’expliquer la simultanéité de l’attaque et de la promulgation de la loi portant privation des anciens cadres du RCD de se présenter aux futures élections, par une tentative de vengeance ciblant non seulement Radio Kalima, mais aussi, toutes les institutions médiatiques qui osent dévoiler la vérité. «La haute Instance de réforme de l’information et de la communication dont la mission est de promouvoir notre paysage médiatique, nous contrecarre en refusant de se prononcer clairement et définitivement sur la question de notre visa pour la diffusion sur FM. Apparemment si ce n’est certainement, elle est soumise, en la personne de son président, à d’autres parties qui agissent dans l’ombre. Sinon, comment explique-t-on les barrières qu’on nous impose ? Tantôt, on nous accuse de manque de professionnalisme, tantôt on nous reproche le manque de transparence de nos sources de financement. Alors que nos sources de financement sont bien légales et transparentes. Par conséquent, la question qui me saute à l’esprit est la suivante : à qui profite l’exclusion ? Dans ce sens, il faut dire que les impliqués dans vingt trois ans de dictature, de tyrannie, de dissimulation des vérités et de nivellement par le bas du discours médiatique seraient, à plus forte raison, de la partie. Sur ce, on est tous appelés à nous méfier de ces gens-là et à lutter contre toutes formes d’instrumentalisation par la violence. Ils essaient de négocier notre sécurité par une soumission complète à leurs projets politiques. Mais ils ont tort. Les Tunisiens sont prêts à sacrifier tout ce qu’ils ont de précieux pour leur dignité et leur liberté. Tous les handicaps que l’on nous crée visent à nous empêcher de participer à la couverture des prochaines élections, étant une radio indépendante de tous, qui n’exerce qu’en fonction de ses principes et ses convictions. Cela ne fera qu’affecter la crédibilité de l’opération électorale. Ce qui nous amène à conclure que l’Instance supérieure pour la réforme de l’information et de la communication s’est compromise dans un jeu politique, qui n’est point le sien et contredit sa vraie mission. Tout ce qu’on demande est une simple autorisation pour exercer conformément à la loi et à la déontologie de la profession. Or on nous prive de ce droit alors que l’on vient de remporter un grand prix journalistique à Vienne. Cela est à vrai dire intrigant», a noté l’intervenante.
S’agissant des menaces et agressions dont ont fait l’objet les journalistes de Kalima, Moëz, jeune reporter, a souligné que la police politique les attend constamment au tournant et n’hésite point à les terrifier usant de toutes les méthodes. «Hier, croisés à quelques mètres de notre siège, deux hommes vêtus d’uniformes militaires m’ont menacé, usant de propos acerbes, du pire au cas où j’évoquerai encore un sujet se rapportant à l’armée».
la presse 8/5/2011
Tunisie/Sihem Bensedrine : “Nous nous battrons jusqu’au bout”
Tenace opposante de Ben Ali , née le 28 octobre 1950 à la Marsa, dans la banlieue de Tunis, Sihem Bensedrine est une journaliste et défenseur des droits de l’Homme. Elle a étudiée en France,à l’université de Toulouse, où elle a obtienu un diplôme en philosophie avant de faire ces débuts professionnels pour le journal indépendant “Le Phare” en 1980.
Elle grimpe les échelons jusqu’à devenir rédactrice en chef du service politique pour Maghreb jusqu’en 1983. Les “émeutes du pains” et la crise qui en résultera en Tunisie auront raison de la survie du journal. Elle se tourne alors vers l’édition en 1988 et fonde sa propre maison, “Arcs” qui déposera le bilan suite à la crise des droits de l’Homme qui secouera le pays. La jeune femme persiste pourtant dans sa voie et devient directrice de la maison d’édition “Noir sur Blanc” en 1998.
Son combat pour les droits de l’Homme et la liberté en Tunisie prend un tournant quand elle fonde la même année le Conseil National Pour Les Libertés en Tunisie dont elle assume aussi le rôle de porte parole, lui conférant par la même occasion un statut d’énnemie du gouvernement en place.
Sa parole courageuse, lui servira à défendre la liberté de la presse ainsi qu’a condamner la corruption et les privilèges que s’octroient le gouvernement Ben Ali. Elle devient alors victime d’une campagne de diffamation, dans les journaux proches du gouvernement, décrite entre autre comme une prostituée, en raison de ses activités en faveur des droits de l’homme .
Un an plus tard, elle co-fonde avec Naziha Rjiba, une autre journaliste tunisienne, le magazine en ligne Kalima. Elle sera arrêté en 2001 à l’aéroport international de Tunis-Carthage, en représailles à une interview télévisée dans laquelle elle dénonce les abus contre les droits de l’Homme et la corruption de la justice tunisienne. Elle est libérée un mois plus tard grâce à une campagne de soutien à la fois en Tunisie et à l’étranger (plus particulièrement en France). En 2004, Bensedrine est honorée par l’organisation Canadian Journalists for Free Expression qui lui remet un International Press Freedom Award en reconnaissance de son courage dans la défense et la promotion de la liberté de la presse.
Quelques semaines après la fuite du président Ben Ali, Sihem Bensedrine revient sur son combat et la situation toujours compliquée pour la liberté de la presse tunisienne.
Lesinfos.com : Vous avez été l’une des premières journalistes à dénoncer la corruption au pouvoir. Cette révolution et le départ de Ben Ali, c’est un peu l’aboutissement de votre combat ?
Sihem Bensedrine : C’est un peu prétentieux, je pense vraiment que c’est « notre « combat, celui des blogueurs, des manifestants, et celui de tout les Tunisiens qui ont vécus cette révolution, et qui ce sont battus contre les censeurs. C’est grâce à leur courage et à leur détermination, si Ben Ali a quitté la présidence de la Tunisie.
Quelle a été la part d’implication des femmes en Tunisie lors des révoltes ?
Les femmes se sont beaucoup impliquées, il suffit de regarder les images des manifestations à la télévision, elles étaient de partout. Cette révolution a aussi un visage féminin, les tunisiennes encourageaient même leurs enfants à descendre dans les rues. Elles ont vraiment participé à cette révolution. C’est aussi la preuve tangible que la révolte concernait tout le monde.
La situation actuelle du pays permet-elle la liberté d’expression ?
Non rien n’a changé : la liberté d’expression, fut l’une des premières revendications du peuple tunisien, avec la liberté des médias, et la liberté de ton dans la rue aussi. Aujourd’hui encore, les personnes qui manifestent sur l’avenue Bourguiba à Tunis, se font arrêter. La voix de la rue, c’est ce qui les dérange. On a coupé la tête, mais les anciens du pouvoir sont toujours la, ils sont dans la police, la justice, la société civile. Il faut impérativement leur enlever le pouvoir et que les jeunes continuent de se mobiliser. Qu’ils « dégagent » comme on dit chez nous. Qu’ils arrêtent avec la censure et la désinformation.
Pour vous donner un exemple concret, un de nos journalistes avait interviewé une vieille dame dans le nord de la Tunisie, elle lui expliquait les injustices qu’elle subissait depuis longtemps, la force de son témoignage est très importante, mais comme nous ne sommes que sur internet, cette dame ne se verra jamais, et c’est encore plus frustrant pour notre journaliste, car l’impact du net sur les Tunisiens est indéniablement moins important que celui de la radio, ou de la télé.
Justement pour Radio Kalima (la parole en tunisien ndlr) que vous avez co-fondé en 2000 avec Naziha Réjiba que va t’il se passer ?
Nous avons pris rendez vous avec le directeur de la communication en Tunisie, nous n’avons toujours pas le droit de diffuser, comme je vous l’ai déjà dit, la nouvelle institution est la même que la précédente. Nous demandons la levée de la censure, car au même moment, les radios de Ben Ali continuent d’émettre, et elles ont toutes les libertés qu’elles veulent. Le gouvernement nous demande de justifier de tonnes de critères et de moyens financiers énormes, mais ils sont dans l’illégalité la plus totale, puisque il n’existe pas d’autorité de régularisation dans notre pays. Les gens de l’ancien régime ne veulent pas de nous dans le système médiatique. L’enjeu est clair : il y a des élections le 24 juillet en Tunisie, encore une fois, la peur de nous laisser nous exprimer est flagrante. Mais nous nous battrons jusque au bout .
Qu’avez vous pensé de l’attitude de la France envers la Tunisie et des décisions prises ces derniers jours concernant les migrants Tunisiens ?
Je suis très déçue par le gouvernement français. Il a clairement cherché à maintenir Ben Ali au pouvoir et maintenant il nous considère comme des dangers publics. Il ne fait même pas un geste envers ces jeunes, un geste qui ne lui couterait rien. C’est l’avenir d’un pays qui est en jeu. La France doit se racheter, c’est lamentable.
Tunisie/Sihem Bensedrine : “Nous nous battrons jusqu’au bout”
Tenace opposante de Ben Ali , née le 28 octobre 1950 à la Marsa, dans la banlieue de Tunis, Sihem Bensedrine est une journaliste et défenseur des droits de l’Homme. Elle a étudiée en France,à l’université de Toulouse, où elle a obtienu un diplôme en philosophie avant de faire ces débuts professionnels pour le journal indépendant “Le Phare” en 1980.
Elle grimpe les échelons jusqu’à devenir rédactrice en chef du service politique pour Maghreb jusqu’en 1983. Les “émeutes du pains” et la crise qui en résultera en Tunisie auront raison de la survie du journal. Elle se tourne alors vers l’édition en 1988 et fonde sa propre maison, “Arcs” qui déposera le bilan suite à la crise des droits de l’Homme qui secouera le pays. La jeune femme persiste pourtant dans sa voie et devient directrice de la maison d’édition “Noir sur Blanc” en 1998.
Son combat pour les droits de l’Homme et la liberté en Tunisie prend un tournant quand elle fonde la même année le Conseil National Pour Les Libertés en Tunisie dont elle assume aussi le rôle de porte parole, lui conférant par la même occasion un statut d’énnemie du gouvernement en place.
Sa parole courageuse, lui servira à défendre la liberté de la presse ainsi qu’a condamner la corruption et les privilèges que s’octroient le gouvernement Ben Ali. Elle devient alors victime d’une campagne de diffamation, dans les journaux proches du gouvernement, décrite entre autre comme une prostituée, en raison de ses activités en faveur des droits de l’homme .
Un an plus tard, elle co-fonde avec Naziha Rjiba, une autre journaliste tunisienne, le magazine en ligne Kalima. Elle sera arrêté en 2001 à l’aéroport international de Tunis-Carthage, en représailles à une interview télévisée dans laquelle elle dénonce les abus contre les droits de l’Homme et la corruption de la justice tunisienne. Elle est libérée un mois plus tard grâce à une campagne de soutien à la fois en Tunisie et à l’étranger (plus particulièrement en France). En 2004, Bensedrine est honorée par l’organisation Canadian Journalists for Free Expression qui lui remet un International Press Freedom Award en reconnaissance de son courage dans la défense et la promotion de la liberté de la presse.
Quelques semaines après la fuite du président Ben Ali, Sihem Bensedrine revient sur son combat et la situation toujours compliquée pour la liberté de la presse tunisienne.
Lesinfos.com : Vous avez été l’une des premières journalistes à dénoncer la corruption au pouvoir. Cette révolution et le départ de Ben Ali, c’est un peu l’aboutissement de votre combat ?
Sihem Bensedrine : C’est un peu prétentieux, je pense vraiment que c’est « notre « combat, celui des blogueurs, des manifestants, et celui de tout les Tunisiens qui ont vécus cette révolution, et qui ce sont battus contre les censeurs. C’est grâce à leur courage et à leur détermination, si Ben Ali a quitté la présidence de la Tunisie.
Quelle a été la part d’implication des femmes en Tunisie lors des révoltes ?
Les femmes se sont beaucoup impliquées, il suffit de regarder les images des manifestations à la télévision, elles étaient de partout. Cette révolution a aussi un visage féminin, les tunisiennes encourageaient même leurs enfants à descendre dans les rues. Elles ont vraiment participé à cette révolution. C’est aussi la preuve tangible que la révolte concernait tout le monde.
La situation actuelle du pays permet-elle la liberté d’expression ?
Non rien n’a changé : la liberté d’expression, fut l’une des premières revendications du peuple tunisien, avec la liberté des médias, et la liberté de ton dans la rue aussi. Aujourd’hui encore, les personnes qui manifestent sur l’avenue Bourguiba à Tunis, se font arrêter. La voix de la rue, c’est ce qui les dérange. On a coupé la tête, mais les anciens du pouvoir sont toujours la, ils sont dans la police, la justice, la société civile. Il faut impérativement leur enlever le pouvoir et que les jeunes continuent de se mobiliser. Qu’ils « dégagent » comme on dit chez nous. Qu’ils arrêtent avec la censure et la désinformation.
Pour vous donner un exemple concret, un de nos journalistes avait interviewé une vieille dame dans le nord de la Tunisie, elle lui expliquait les injustices qu’elle subissait depuis longtemps, la force de son témoignage est très importante, mais comme nous ne sommes que sur internet, cette dame ne se verra jamais, et c’est encore plus frustrant pour notre journaliste, car l’impact du net sur les Tunisiens est indéniablement moins important que celui de la radio, ou de la télé.
Justement pour Radio Kalima (la parole en tunisien ndlr) que vous avez co-fondé en 2000 avec Naziha Réjiba que va t’il se passer ?
Nous avons pris rendez vous avec le directeur de la communication en Tunisie, nous n’avons toujours pas le droit de diffuser, comme je vous l’ai déjà dit, la nouvelle institution est la même que la précédente. Nous demandons la levée de la censure, car au même moment, les radios de Ben Ali continuent d’émettre, et elles ont toutes les libertés qu’elles veulent. Le gouvernement nous demande de justifier de tonnes de critères et de moyens financiers énormes, mais ils sont dans l’illégalité la plus totale, puisque il n’existe pas d’autorité de régularisation dans notre pays. Les gens de l’ancien régime ne veulent pas de nous dans le système médiatique. L’enjeu est clair : il y a des élections le 24 juillet en Tunisie, encore une fois, la peur de nous laisser nous exprimer est flagrante. Mais nous nous battrons jusque au bout .
Qu’avez vous pensé de l’attitude de la France envers la Tunisie et des décisions prises ces derniers jours concernant les migrants Tunisiens ?
Je suis très déçue par le gouvernement français. Il a clairement cherché à maintenir Ben Ali au pouvoir et maintenant il nous considère comme des dangers publics. Il ne fait même pas un geste envers ces jeunes, un geste qui ne lui couterait rien. C’est l’avenir d’un pays qui est en jeu. La France doit se racheter, c’est lamentable.
Radio Kalima observe un Sit-in à la Kasbah !
La rédaction de Radio Kalima a dénoncé, lundi, la poursuite de "son exclusion" de la diffusion sur la bande FM. Radio Kalima, qui annonce à partir d'aujourd'hui un sit-in à la Kasbah "jusqu'à satisfaction de ses revendications", a dénoncé la poursuite de son exclusion de la diffusion sur la fréquence FM, précise un communiqué signé par son directeur Omar Mestiri.


La rédaction de Radio Kalima a dénoncé, lundi, la poursuite de "son exclusion" de la diffusion sur la bande FM. Radio Kalima, qui annonce à partir d'aujourd'hui un sit-in à la Kasbah "jusqu'à satisfaction de ses revendications", a dénoncé la poursuite de son exclusion de la diffusion sur la fréquence FM, précise un communiqué signé par son directeur Omar Mestiri.
Elle qualifie l'argumentation avancée par le gouvernement provisoire pour justifier la lenteur à satisfaire sa demande d'attribution de fréquence comme "un refus maquillé" et "une tergiversation du gouvernement provisoire" à reconnaître le droit de la station de diffuser sur la fréquence FM.
La rédaction a appelé les composantes de la société civile à soutenir son action de protestation et son droit d'informer.
Radio Kalima, créée en 2008, était contrainte à la clandestinité victime de la persécution de l'ancien régime. La rédaction de cette radio avait été expulsée de ses locaux, ses journalistes attaqués et son matériel confisqué. Elle a présenté au gouvernement post-révolution une demande officielle d'attribution de fréquence.
A noter que la rédaction de la radio est composée de neuf journalistes avec la direction de Sihem Ben Sedrine et Omar Mestiri.
| |||||||||
Radio Kalima n’a apparemment plus droit de cité. La société Eutelsat a brutalement mis fin jeudi à la diffusion, sur son satellite Hotbird, de cette antenne indépendante partagée entre une rédaction algérienne et tunisienne. Eutelsat a annoncé au provider de Radio Kalima, basé à Chypre, qu’il cessait sa diffusion au motif que celle-ci ne dispose pas de licence. « Licence ? Quelle licence ? Cela n’a pas de sens, s’emporte, incrédule, Yahia Bounouar, le directeur de Radio Kalima-Algérie. A considérer que c’est vrai, pourquoi ne nous ont-ils pas contactés pour nous prévenir, ou pour nous dire qu’il fallait fournir X document ? ». Pour lui, le doute n’est pas permis. « Nous avons été censurés à la demande des autorités algériennes », dénonce-t-il. Même son de cloche chez la militante tunisienne des droits de l’homme Sihem Bensedrine, qui assure la rédaction en chef de Radio Kalima-Tunisie. Pour elle, l’argument d’Eutelsat est sournois : « C’est vrai que localement, il faut disposer d’agréments auprès des autorités algériennes et tunisiennes pour exercer. Mais pas pour avoir une fréquence. C’est là qu’il y a confusion des genres ».
Coïncidence troublante : la veille de l’interruption de son signal satellite, mercredi, le site Internet de Radio Kalima a progressivement cessé de fonctionner depuis l’Algérie. « Nous craignons que cet acte de censure n’inaugure le début d’un contrôle d’Internet dans le pays », s’est inquiété Reporters sans frontières (RSF) dans un communiqué, vendredi. « Nous demandons aux autorités algériennes de fournir des explications et d’ordonner le déblocage immédiat du site, effectué de manière arbitraire », dénonce encore le texte. L’Ong de défense de la liberté de la presse a également adressé une correspondance à la société Eutelsat lui demandant des explications. « Si Eutelsat ne se ressaisit pas, nous ferons valoir nos droits par voie judicaire », affirme Sihem Bensedrine. Contactée par Afrik.com, la société n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Touche pas à mon audiovisuel !
Pour les responsables de Radio Kalima, les raisons de cette censure sont claires : les autorités algériennes et tunisiennes veulent absolument garder leur monopole sur l’audiovisuel. Créée fin janvier 2010, Radio Kalima-Algérie est la seule radio privée à émettre dans le pays. Elle a remis en cause le monopole d’Etat imposé au secteur depuis 1962, année de l’indépendance. En Tunisie, il existe trois radios et deux télévisions privées. « Mais elles sont toutes détenues par des proches du président Ben Ali », indique Sihem Bensedrine, qui n’a jamais pu décrocher d’agrément pour son média. Les locaux de Radio Kalima à Tunis, lancée en 2008, sont sous scellés depuis plus d’un an, et Bensedrine, sous le coup de poursuites judiciaires, vit aujourd’hui en exil en Espagne.
S’agissant de la censure sur Internet, « l’Algérie s’est récemment dotée de matériels et équipement dernier cri et même envoyé des agents en formation en Tunisie », indique Yahia Bounouar. « Routinière en Tunisie, elle est en train de devenir un modèle qui s’exporte dans les pays voisins », constate de son côté Sihem Bensedrine. Ce n’est pas tout à fait la première fois qu’un site Internet est bloqué en Algérie. Réputé proche des islamistes, le site d’un mouvement d’opposition nommé Rachadn’est plus accessible depuis le mois de janvier dernier. Les autorités algériennes semblent avoir définitivement entamé le virage de la censure sur le Net.